Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, invite le premier ministre François Legault à s'inspirer de son homologue manitobain, Wab Kinew, qui vient de suspendre la taxe provinciale sur l'essence.
Cette mesure, selon lui, permettrait aux ménages québécois de mieux commencer l'année, alors que 2023 a été extrêmement difficile
sur le plan financier.
M. Duhaime – qui avait convoqué la presse mercredi en compagnie de la porte-parole de son parti en matière d'énergie – a présenté sa proposition comme n'étant ni de gauche ni de droite, soulignant qu'elle avait été implantée au Manitoba par le Nouveau Parti démocratique (NPD), qu'il a comparé à Québec solidaire.
Si un gouvernement de gauche est capable de le faire, je pense que même M. Legault serait capable de le faire.
Ce n'est pas la première fois que les conservateurs québécois suggèrent au gouvernement Legault de suspendre sa taxe sur l'essence de 19,2 cents. Mais l'entrée en vigueur d'une mesure similaire au Manitoba, le 1er janvier, a, de son propre aveu, convaincu M. Duhaime de revenir à la charge avec une telle proposition, mercredi.
Selon lui, la taxe québécoise sur l'essence devrait être suspendue six mois, après quoi la mesure devrait être réévaluée
.
Une taxe parmi tant d'autres
La taxe québécoise de 19,2 cents n'est que l'une des nombreuses taxes gouvernementales à être imposées sur l'essence au Québec. Les autres relèvent d'Ottawa.
Au Manitoba, la taxe provinciale sur l'essence est de 14 cents.
Sa suspension, il y a 10 jours, a eu un effet immédiat sur le prix à la pompe, a fait valoir Éric Duhaime, mercredi. À Winnipeg, certaines stations-service vendaient mercredi matin l'essence à moins de 1 $/litre, selon le site web GasBuddy.com, tandis qu'à Québec, le même volume d'essence se négociait en moyenne autour de 1,60 $.
Le PCQ estimait dans son cadre financier de 2022 que la suspension de la taxe provinciale sur l'essence engendrerait une perte de revenus de 792 millions de dollars. Il évalue aujourd'hui que ce manque à gagner tournerait toujours autour de 800 millions.
Les sommes recueillies grâce à la taxe provinciale sur l'essence servent actuellement à financer le Fonds des réseaux de transport terrestre du MTQ.
Celui-ci est toutefois appelé à disparaître, de l'avis d'Éric Duhaime, du fait que les véhicules électriques n'y contribuent pas et que la vente de véhicules neufs à essence doit normalement être interdite à partir de 2035.