Le Centre de prévision des régimes fluviaux de la Colombie-Britannique a rendu public son dernier rapport sur le manteau neigeux. Au 1er janvier, celui-ci était « extrêmement bas » et n’était qu’à 56 % de la normale, mais il reste au moins trois mois pour que la situation évolue.
La normale
, comme l'explique Jonathan Boyd, hydrologue au Centre de prévision des régimes fluviaux de la Colombie-Britannique, est calculée sur des données récoltées de 1991 à 2020. Au même moment, l'an dernier, le manteau neigeux était à 82 % de la normale.
Cette saison, 15 stations de neige ont mesuré un niveau bas sans précédent, dont 5, dans la vallée du Fraser. L’île de Vancouver n’est qu’à 39 % de la normale, et la côte sud, à 36 %. Certains endroits n’ont quant à eux pas encore reçu de neige, ce qui n’est pas forcément très commun à cette période de l’année
, selon l’hydrologue.
Jonathan Boyd raconte que le niveau général du manteau neigeux est le plus bas [qu’il ait] vu pour un rapport du 1er janvier, au moins depuis les années 1980
.
Un manteau neigeux si bas à travers tellement de régions dans la partie sud de la province, nous n'avons vraiment pas vu quelque chose d'aussi extrême.
L’hydrologue note néanmoins que certaines régions peuvent fluctuer. Un exemple est l'île de Vancouver qui est à 39 % de la normale cette année. En 2014, elle était à 7 % au 1er janvier, et en 2015, elle était à 28 %.
Le Centre de prévision des régimes fluviaux de la Colombie-Britannique précise que, dans l'ensemble, les températures en décembre ont été extrêmement élevées, de 1,5 à 8 degrés Celsius au-dessus des normales saisonnières.
À lire aussi :
- La « neige melon d’eau a un effet réel » sur la fonte des glaces, observe une étude
- La Colombie-Britannique peine à gérer l’accès à ses eaux souterraines
Encore trois mois pour réajuster la situation
Le manque de neige signifie pour le moment un risque moins élevé d'inondations au printemps, notamment dans l’Intérieur, mais cela pourrait entraîner un risque accru de feux de forêt ou de sécheresse [...] plus tôt et qui pourraient durer plus longtemps pendant l'été
.
John Richardson, professeur au département des sciences de la Forêt et de la conservation à l'Université de la Colombie-Britannique, dit que ce rapport n’est pas une surprise, étant donné les températures élevées et le phénomène météorologique El Niño. S'il est inutile de paniquer, il faut néanmoins que la province soit préparée à stocker l’eau
et qu’elle pense à des solutions à long terme.
Des sols peu profonds et le manque d’eau souterraine sont problématiques en Colombie-Britannique, qui dépend beaucoup du manteau neigeux, comme l'explique John Richardson.
Le Centre de prévision des régimes fluviaux de la Colombie-Britannique assure qu’il reste encore au moins trois mois pour que des précipitations de neige rééquilibrent la situation. À ce stade, c'est juste une année anormale. Au regard de ces dernières années, nous avons été plutôt en bonne position pour ce qui est du manteau neigeux
, affirme Jonathan Boyd.
L’hydrologue précise que le public doit s’intéresser au manteau neigeux, car il a un impact sur les activités récréatives d’hiver, mais aussi sur l’utilisation récréative des rivières et des lacs au printemps. Néanmoins, tout dépend encore des conditions météorologiques à venir
.
Jonathan Boyd ajoute que, la dernière fois que le manteau neigeux était aussi bas, au 1er avril, c’était en 2019. La province s’était préparée à une sécheresse majeure pour l'été, puis cela s'est révélé être l'un des étés les plus humides jamais vus [en Colombie-Britannique] et il n'y a eu aucun problème de sécheresse.
Le prochain rapport sera publié au début du mois de février.
Ailleurs sur le web :
- Le rapport du Centre de prévision des régimes fluviaux de la Colombie-Britannique (en anglais)
Avec des informations d’Yvette Brend