Un article écrit par Raphaël Beaumont-Drouin

Un opioïde « 25 fois plus puissant que le fentanyl » inquiète les autorités sanitaires

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Ces comprimés imitent l'apparence de l'OxyContin, alors qu'en réalité ils contiennent plutôt du protonitazèpyne, un opioïde 25 fois plus puissant que le fentanyl.Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Ces comprimés imitent l'apparence de l'OxyContin, alors qu'en réalité ils contiennent plutôt du protonitazèpyne, un opioïde 25 fois plus puissant que le fentanyl.

La santé publique de Québec met en garde la population contre une puissante nouvelle drogue en circulation qui présente de graves risques pour la santé.

Baptisés « oxycodone de rue », ces comprimés verdâtres imitent l'apparence de l'OxyContin, mais ils contiennent en fait de la protonitazèpyne : un opioïde de synthèse 25 fois plus puissant que le fentanyl.

Cette drogue est super dangereuse, explique Anne-Frédérique Lambert-Slythe, médecin-conseil à la direction de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Si les personnes consomment cette drogue, il y a un risque très élevé de surdose, poursuit l’experte.

Cet opioïde de synthèse a été détecté pour la première fois dans les environs de Montréal au début de l'année 2024 et a récemment fait son arrivée à Québec.

C'est la première fois cette semaine qu'on a conscience qu'il y en a sur le territoire de la Capitale-Nationale, précise Mme Lambert-Slythe.

Les comprimés identifiés par les autorités sanitaires sont de couleur verte et portent la mention « 80/OP ».

Comme ces comprimés sont achetés sur le marché noir, les acheteurs ignorent qu'ils contiennent de la protonitazèpyne, ce qui accentue les risques de surdoses.

Pour la population générale [...] qui va glisser vers le marché noir, puis qui va tomber sur ces comprimés-là. À ce moment-là, ça peut être plus dangereux, mentionne Anne-Frédérique Lambert-Slythe.

Nom : Protonitazèpyne

Type : Opioïde de synthèse

Effets : Sentiment d’euphorie, confusion, étourdissements, somnolence, nausées et vomissements

Surdose : Respiration lente et faible, perte de conscience, dépression respiratoire qui peut mener à l’arrêt respiratoire et la mort.

Source : Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale.

Mieux vaut prévenir

La consommation de cette drogue est vivement déconseillée, martèle la direction de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale. Premier message, [c’est de] ne pas la consommer.

La vigilance est tout de même de mise. Il faut également savoir reconnaître les signes d’une surdose, prévient la santé publique.

Les gens deviennent de plus en plus somnolents, vont avoir une respiration qui va diminuer jusqu’à un arrêt respiratoire, donc les gens perdent connaissance et peuvent devenir bleus, signale Mme Lambert-Slythe.

Il faut donc éviter de la consommer seul, de mélanger des substances ou encore, il faut diminuer les doses consommées.

Un antidote existe toutefois pour contrer les possibles surdoses : la naloxone. Ce remède, offert gratuitement en pharmacie, permet d’atténuer les effets d’une surdose, le temps de se rendre à l’hôpital. L'administration de la naloxone ne pose aucun risque.

On donne de la naloxone [en cas de surdose]. Ce n’est pas dangereux de donner de la naloxone même si on n'en a pas besoin, explique la médecin-conseil, qui recommande aussi de contacter les services d’urgence.

Cependant, la puissance de cet opioïde est telle que plusieurs doses de naloxone doivent être administrées aux personnes qui en ont consommé.

Le protonitazèpyne n'est pas détecté par les bandelettes de détection du fentanyl. Il est donc possible de se tourner vers les organismes comme le SABSA pour faire tester ses substances.

Avec les informations de Philippe L'Heureux