Un article écrit par Radio-Canada

Le Nouveau-Brunswick négocie avec les deux victimes d’une erreur judiciaire

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Robert Mailman (à gauche) et Walter Gillespie (à droite) à la sortie du palais de justice de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, le 4 janvier.Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Robert Mailman (à gauche) et Walter Gillespie (à droite) à la sortie du palais de justice de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, le 4 janvier.

Robert Mailman et Walter Gillespie avaient été condamnés à la prison à vie pour un meurtre qu'ils n'ont pas commis.

Des négociations sont en cours entre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et les deux hommes récemment innocentés d'un meurtre survenu en 1983 afin de leur verser une indemnité, ont indiqué leurs avocats

Ron Dalton, co-président d'Innocence Canada, l'organisation qui représente Robert Mailman et Walter Gillespie, dit que les discussions ont commencé la semaine dernière. Un membre de l'équipe des avocats les a décrites comme fructueuses.

Sarah Bustard, porte-parole du ministre de la Justice, Ted Flemming, a confirmé que des négociations étaient en cours. Elle a toutefois ajouté que le gouvernement provincial et Innocence Canada s'étaient entendus pour garder le contenu confidentiel.

Robert Mailman, âgé de 76 ans, et Walter Gillespie, âgé de 80 ans, ont été acquittés le 4 janvier de l'accusation de meurtre par la juge en chef de la Cour du Banc du Roi du Nouveau-Brunswick, Tracey DeWare.

Celle-ci a plus tard déclaré que le système judiciaire avait laissé tomber les deux hommes.

Robert Mailman et Walter Gillespie avaient été condamnés à la prison à vie en 1984 après avoir été déclarés coupables du meurtre d'un homme de Saint-Jean.

Le premier ministre Blaine Higgs avait dit le mois dernier qu'il avait l'intention d'obtenir des conseils sur la décision. Il a aussi promis de faire éventuellement ce qu'il faut.

Gravement malade

M. Dalton espère que ces négociations permettront d'arriver rapidement à une entente puisque M. Mailman souffre d'un cancer au foie en phase terminale. En novembre, les médecins ne lui donnaient que trois mois à vivre.

Son compagnon d'infortune vit d'une maigre rente dans une chambre d'hôtel convertie en appartement.

M. Mailman s'affaiblit de jour en jour, raconte M. Dalton.

Son esprit demeure imperturbable. Il va se battre jusqu'à la fin. Mais nous savons bien, et il le sait très bien lui aussi, que la fin s'approche de plus en plus, lance-t-il.

Selon lui, le gouvernement n'a aucune raison d'attendre encore plus longtemps avant de verser une indemnité aux deux hommes.

On peut conclure un accord d'ici quelques jours. Il n'existe aucune raison pour que ce mois se termine sans qu'il y ait eu une entente.