Un article écrit par Radio-Canada

Surdoses en Ontario : des maires exigent plus d’aide de la province et du fédéral

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Des maires de villes ontariennes demandent plus d'aide de la province et du fédéral pour mieux répondre à la crise des surdoses.Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Des maires de villes ontariennes demandent plus d'aide de la province et du fédéral pour mieux répondre à la crise des surdoses.

Des dirigeants municipaux et des responsables demandent aux gouvernements ontarien et fédéral d’en faire davantage pour mettre fin à la crise des opioïdes en Ontario alors que le nombre de surdoses continue d'augmenter.

La semaine dernière, la Ville de Belleville a déclaré l’état d’urgence après avoir recensé 23 surdoses en l’espace de deux jours. Son maire, Neil Ellis, a alors indiqué que les trois ordres de gouvernement doivent élaborer un plan d’action ensemble.

Cette crise frappe également ailleurs en province.

À Hamilton, les ambulanciers paramédicaux ont constaté une augmentation du nombre d'empoisonnements présumés à la drogue, dont certains ont nécessité au moins trois cycles d'administration de naloxone.

Dans la région de Waterloo, il y a eu huit décès présumés liés à la drogue cette année.

À Guelph, sept empoisonnements aux drogues ont eu lieu jeudi. Le maire, Cam Guthrie, soutient que le caucus des maires des grandes villes de l'Ontario avait supplié la province en mai 2022 d'organiser une réunion d'urgence pour se pencher sur ce dossier.

Cette réunion n'a toujours pas eu lieu.

Depuis le début de l'année, la Ville de Guelph a enregistré 66 empoisonnements présumés à la drogue, dont quatre décès soupçonnés d'être liés à cette substance. Entre le 1er janvier et le 9 février 2023, il y a eu 34 empoisonnements présumés et un décès.

Quand je vois ce qui se passe à Belleville, à Guelph et partout ailleurs, nous avons besoin que les autres ordres de gouvernement, la province en particulier, aident nos villes, déclare M. Guthrie. Les villes ne sont pas structurées de façon à ce que l'argent de l'impôt foncier soit investi dans des questions de soins de santé comme la toxicomanie et la santé mentale.

J'espère vraiment que la Ville de Belleville, nous, et toutes les autres villes qui connaissent ce genre de situation chaque jour puissions obtenir l'aide dont nous avons besoin.

Cam Guthrie, maire de Guelph

Le ministère de la Santé de l'Ontario rappelle pour sa part que son programme Vers le mieux-être prévoit un investissement de 3,8 milliards de dollars sur dix ans pour la création d'un système de santé mentale et de lutte contre les dépendances de classe mondiale.

Notre budget [2023-2024] comprend également une augmentation de 5 % du financement de base pour les organisations communautaires de santé mentale et de lutte contre la toxicomanie, ajoute notamment son porte-parole dans un communiqué.

Davantage de sites de consommation, une solution

L'Association canadienne pour la santé mentale fait partie des groupes qui demandent au gouvernement de l'Ontario d’approuver davantage la création de sites de services de consommation et de traitement.

Nous sommes profondément préoccupés par les récents empoisonnements à la drogue survenus dans la province et par leur impact sur nos communautés, déclare sa présidente-directrice générale, Camille Quenneville, dans un communiqué.

Les services faciles d’accès comme les sites de consommation et de traitement sont une première étape cruciale pour sauver des vies.

Camille Quenneville, présidente-directrice générale de l'Association canadienne pour la santé mentale

La députée provinciale du Parti vert Aislinn Clancy partage leur avis. Elle a publié vendredi une déclaration dans laquelle elle demande à la province de fournir davantage de services de consommation et de traitement ainsi que d'élaborer et de financer une stratégie globale en matière de santé mentale et de toxicomanie.

Avec des informations de James Chaarani, CBC