Un article écrit par Radio-Canada

Les campagnes deviendront des villages fantômes si rien n’est fait, dit un chercheur

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La décroissance démographique et le vieillissement de la population continueront dans les régions rurales sans une intervention des gouvernements provinciaux et fédéral.Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
La décroissance démographique et le vieillissement de la population continueront dans les régions rurales sans une intervention des gouvernements provinciaux et fédéral.

Les communautés rurales du Canada poursuivront leur long déclin démographique si les gouvernements n'interviennent pas pour inciter davantage d'immigrants à s'installer dans les petites villes, dans les villages et dans les hameaux, selon une étude de l’Université Western.

En Ontario, par exemple, des données provinciales révèlent que 2,6 millions de personnes vivaient dans des communautés rurales en 1966, soit 37 % des sept millions d'habitants de la province à l'époque.

En 2021, la province avait doublé sa population, qui comptait alors 14,2 millions d'habitants, mais la population rurale était restée relativement stable avec 2,5 millions de personnes. Sa proportion correspondait ainsi à 17 % de la population totale.

Lindsay Finlay, candidate au doctorat en sociologie à l'Université Western et auteure de cette étude, explique cette réalité en disant que les nouveaux immigrants choisissent presque toujours de s’établir dans les grands centres urbains.

La probabilité que les immigrants s'installent dans les zones rurales du Canada a en fait diminué au fil du temps, soutient-elle. La chercheuse précise qu'elle n’a pas étudié les raisons de ce phénomène mais qu’elles sont faciles à déduire.

Le manque de moyens de transport, le manque d'emplois et le manque de services en matière d'éducation font partie de ces raisons. Il y a aussi le risque de discrimination dans ces régions.

Lindsay Finlay, candidate au doctorat en sociologie à l'Université Western

Au contraire, les grands centres offrent plus de services pour les nouveaux arrivants, ce qui leur permet de s'épanouir et de s'intégrer dans ces communautés, ajoute-t-elle.

Sans le sang neuf issu de l'immigration, les communautés rurales deviennent plus âgées que leurs homologues urbaines.

Depuis 2016, la population de jeunes a baissé de 1,6 %, le nombre d'adultes en âge de travailler a chuté de 4,5 % et le nombre de personnes âgées a augmenté de 12,4 % dans les zones rurales de la province.

Petites communautés à risque

Selon Mme Finlay, les petites communautés risquent de disparaître avec le temps en raison du vieillissement de la population si les gouvernements n'interviennent pas.

La chercheuse estime que les gouvernements doivent notamment investir dans le transport en commun dans les petites communautés et mieux soutenir les familles d'immigrants et de réfugiés.

Mme Finlay croit qu’il faut également améliorer la vie culturelle dans ces communautés en proposant davantage d'art public, en ouvrant plus de centres de loisirs et en organisant davantage d’activités culturelles.

C’est vraiment important pour les gens de pouvoir participer à des activités dans leur communauté. Je pense que les petites communautés n’ont pas assez de ce genre de choses que les familles peuvent faire ensemble, conclut-elle.

Avec les informations de Colin Butler, de CBC