Un article écrit par Radio-Canada

La Russie revendique 400 kilomètres carrés de gains sur le front ukrainien

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Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou (à droite), et le chef d'état-major Valery Gerasimov lors d'un entretien avec le président Vladimir Poutine en 2022. (Photo d'archives)Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou (à droite), et le chef d'état-major Valery Gerasimov lors d'un entretien avec le président Vladimir Poutine en 2022. (Photo d'archives)

Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a revendiqué mardi la prise de plus de 400 km2 de territoire en Ukraine depuis le début de l'année. En manque de munition et de soldats, les forces ukrainiennes peinent de plus en plus à contenir les assauts des forces russes qui ont repris l’initiative sur le front au cours de l’hiver.

Au total, depuis le début de l'année, 403 km2 de territoire des nouvelles régions de la Fédération de Russie sont passés sous notre contrôle, a déclaré le ministre Choïgou mardi, rapporte son ministère.

Les gains annoncés auraient été faits dans les régions ukrainiennes de Lougansk, Kherson, Donetsk et Zaporijia. Des territoires dont la Russie revendique l'annexion, mais qu'elle ne contrôle qu'en partie. Sergueï Choïgou a affirmé que ses soldats continuaient à pousser les unités ukrainiennes vers l'ouest.

Selon une estimation de l'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW), la Russie aurait pris 505 km2 de territoire aux Ukrainiens depuis le mois d’octobre dernier.

Ces derniers mois, l'armée russe a revendiqué la prise de plusieurs villages et, surtout, d'Avdiïvka, ville forteresse de l'Est à laquelle les forces ukrainiennes s'agrippaient tant bien que mal depuis des années.

Les soldats russes n'ont toutefois pas réussi de percée majeure, de larges pans du front restant gelés pour le moment. Les Russes semblent néanmoins avoir profité des difficultés de l'armée ukrainienne mise à mal par une pénurie de munitions, des difficultés de recrutement et l'enrayage de l'aide occidentale.

Moscou affirme profiter de chacune de ces vulnérabilités pendant que les divisions politiques en Occident aggravent les pénuries d’armement dans les rangs ukrainiens dégarnis par le manque de recrutement.

Des divisions politiques, à Bruxelles comme à Washington, retardent en effet l'aide militaire réclamée par Kiev. Au Congrès américain, une enveloppe de 60 milliards de dollars est bloquée depuis des mois par l'opposition républicaine.

Kiev abaisse l'âge de la mobilisation

Pour tenter de regarnir les rangs à l’aube des offensives de printemps et d’été, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a signé mardi un projet de loi prévoyant l'abaissement de l'âge de la mobilisation militaire de 27 à 25 ans, alors que les forces armées manquent de plus en plus d’hommes pour faire face à l'invasion russe.

Ce projet de loi, qui avait été voté il y a un an par les députés, entre en vigueur à partir de mercredi, a indiqué la Rada, le Parlement ukrainien, sur son site Internet.

Mais l’Ukraine ne baisse pas les bras pour autant. Une attaque de drone revendiquée par Kiev a fait 13 blessés mardi sur un site industriel au Tatarstan, en Russie, à plus de 1000 kilomètres des frontières ukrainiennes.

L'Ukraine mène régulièrement des attaques de drones ou des sabotages contre des usines, des voies ferrées ou des raffineries en territoire russe, mais il est rare qu'une frappe touche des infrastructures aussi éloignées de la frontière.

Une source au sein du secteur ukrainien de la défense, interrogée par l'AFP, a affirmé qu'il s'agissait d'une opération du GUR, le renseignement militaire ukrainien, qui a revendiqué par le passé de multiples attaques de ce type sur le sol russe.

Une attaque de drone aérien a été effectuée ce matin contre des usines du Tatarstan situées à Lelabouga et Nijnekamsk, a indiqué sur Telegram le service de presse du dirigeant de cette république du centre de la Russie, Roustam Minnikhanov.

L'attaque n'a pas provoqué de graves dégâts, le processus technologique des entreprises n'a pas été perturbé, a assuré le communiqué, sans préciser quelles usines ont été visées.

Le ministère de la Santé du Tatarstan a en revanche fait état de 13 personnes blessées par l'explosion provoquée par le drone qui sont des étudiants, dont deux mineurs.

Huit personnes ont été hospitalisées pour des blessures de gravité légère ou moyenne, leur vie n'est pas menacée, a-t-il ajouté sur Telegram.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a lui assuré que l'armée russe s'efforce de minimiser puis d'éliminer complètement la menace des frappes ukrainiennes en Russie.

Selon la source au sein du secteur ukrainien de la défense interrogée par l'AFP, la frappe aurait visé un site d'assemblage de drones.

L'autre site visé, à Nijnekamsk, est une raffinerie de pétrole.