Un article écrit par Jean-Philippe Robillard

Consignaction lutte avec des délais « extrêmement courts » pour livrer ses sites de retour

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Une usagère récolte la consigne de ses canettes.Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Une usagère récolte la consigne de ses canettes.

Consignaction entame une course contre la montre pour livrer les 200 lieux de retour de contenants consignés prévus pour mars 2025, alors qu’il est toujours en discussion avec Québec pour garantir son financement.

Même si le premier lieu de retour des contenants consignés s’apprête à ouvrir ses portes, les choses tournent au ralenti pour Consignaction qui gère le déploiement du nouveau réseau de lieux de retour.

Sur les 200 sites que prévoit ouvrir l’organisme dans moins d’un an, il y en a seulement quatre qui sont actuellement en chantier, dont celui de Granby, qui sera le premier à ouvrir.

Il reste encore quelques éléments visuels à venir installer, mais le dépôt est presque prêt à démarrer, affirme le PDG de Consignaction Normand Bisson. On devrait démarrer les activités au début d’avril.

Un autre devrait également ouvrir prochainement à Montréal.

Les délais sont extrêmement courts. Il n’y a vraiment pas de temps à perdre mais, pour l’instant, poursuit M. Brisson, notre objectif de 200, c’est toujours celui qu’on vise.

Pour Consignaction, la tâche s’annonce colossale et les prochains mois s'annoncent laborieux alors que l’organisme est dans une quête effrénée de locaux pour abriter ses services.

Jusqu'à présent, l’organisme a identifié 140 locaux au Québec qui pourraient devenir des lieux de retour, mais l’organisme n’a signé que quelques baux pour le moment. Normand Bisson se veut cependant rassurant.

La question du bail n’est peut-être pas le meilleur indicateur pour déterminer l’avancement du projet. L’important, pour nous, c’est d’abord d’identifier les locaux et de les sécuriser.

Il soutient d’ailleurs en avoir sécurisé une centaine, notamment à travers une lettre d’intention qui va mener habituellement au bail.

Selon lui, son organisme devrait avoir terminé d’identifier l’ensemble des 200 futurs lieux de retour durant le mois de juin.

D’ici la premier mars 2025, lorsque la consigne sera élargie aux bouteilles de vin et de spiritueux, aux bouteilles d’eau en plastique et aux cartons multicouches, Consignaction prévoit notamment d'ouvrir 75 lieux de retour à Montréal et environ une vingtaine dans la région de Québec. Il y en aura également dans chaque région, assure-t-on.

À compter du 1er mars 2025, le nombre de contenants consignés va passer de 2,8 milliards à 5 milliards.

Des nouveaux lieux de retour

Consignaction prévoit d'ouvrir deux types de lieux de retour dans l’ensemble du Québec, dont certains qui pourront traiter un volume important de contenants consignés.

Dans chacun des sites, les citoyens pourront utiliser les récupératrices automatisées ou y déposer leurs sacs de contenants afin qu’ils soient triés et rapidement comptés. Dans les plus grands centres, il y aura également un service de retour en vrac.

Un retour Consignaction est en mesure de traiter environ de 5 à 7 millions de contenants tandis qu’un Consignaction plus, ça peut récupérer jusqu'à 15 millions de contenants, affirme M. Bisson.

Les citoyens qui le souhaitent pourront recevoir leur remboursement par le biais d’une application mobile.

Notre objectif à terme, c’est vraiment que les lieux de retour Consignaction soient l’endroit principal où les gens retournent leurs contenants. C’est pour ça qu’on les veut avec un service extrêmement rapide et bien positionné sur le chemin de magasinage des citoyens.

Normand Bisson, PDG Consignaction

Selon Consignaction, chaque lieu de retour coûtera environ de 500 000 $ à 600 000 $ à aménager. L’organisme estime le coût total du déploiement de ce nouveau réseau de points de retour à 200 millions de dollars.

Consignaction est par ailleurs en discussion avec Québec en vue de garantir une partie du financement, soit 150 millions de dollars.

On ne demande pas au gouvernement de financer le système [...] On a fait une demande au gouvernement pour voir s’il serait favorable à garantir un emprunt.

Selon nos informations, Québec étudie toujours la demande formulée par Consignaction. Le gouvernement Legault est convaincu que le projet sera mené à terme, mais il a quelques inquiétudes sur son bon déroulement.

Le deuxième volet amène son lot de défis et représente un plus grand changement et une logistique plus importante. C'est pourquoi nos équipes, tant au cabinet, au ministère que chez Recyc-Québec, suivent de très près l'évolution de la consigne afin d'assurer le bon déploiement de cette deuxième phase pour le 1er mars 2025, affirme le cabinet du ministre de l’Environnement, Benoît Charette.

À la fin de 2026, le Québec comptera 400 lieux de retour Consignaction dédiés exclusivement au retour des contenants de boisson consignés qui s’ajouteront aux 1100 points de retour chez les détaillants.