Un article écrit par Radio-Canada

L’ancien directeur du quotidien Le Devoir Bernard Descôteaux est décédé

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Bernard Descôteaux a été à la tête du quotidien «Le Devoir» pendant 17 ans, de 1999 à 2016. (Photo d'archives)Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Bernard Descôteaux a été à la tête du quotidien «Le Devoir» pendant 17 ans, de 1999 à 2016. (Photo d'archives)

L'ancien directeur du quotidien Le Devoir, Bernard Descôteaux, est décédé samedi à l'âge de 77 ans des suites d'un cancer généralisé. Il avait dirigé ce journal indépendant de 1999 à 2016.

Né à Nicolet en 1947, M. Descôteaux a étudié les sciences politiques à l'Université de Montréal. Boursier de la Fondation Southam du Massey College, il a aussi fait des études d'économie et de science politique à l'Université de Toronto en 1981 et en 1982.

Il a été embauché comme journaliste au Devoir en 1974 après un passage au journal local La Voix de l'Est. Il a couvert les affaires municipales avant de devenir correspondant parlementaire pendant de nombreuses années à Québec ainsi qu’à Ottawa.

Il a aussi été président du Syndicat des employés de la rédaction, puis rédacteur en chef et directeur de l'information à compter de 1990.

Il a été nommé directeur du journal en 1999 après le départ de Lise Bissonnette, qui a quitté Le Devoir pour mener à bien la création de la Grande Bibliothèque. Il a entre autres piloté la transition numérique du Devoir afin que ce journal s'adapte aux nouvelles tendances dans le milieu de l'information.

De nombreuses personnalités publiques ont réagi à son décès, notamment le premier ministre du Québec, François Legault, qui a tenu à lui rendre hommage dans un message sur le réseau X. Mes condoléances à tous les proches de Bernard, un homme brillant et gentil, a-t-il indiqué.

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a lui aussi écrit des commentaires élogieux à l'endroit de M. Descôteaux, le qualifiant de calme, réfléchi et très généreux de son temps. Il intervenait toujours avec mesure, objectivité et justesse, des qualités de plus en plus rares de nos jours. Je suis très peiné d’apprendre qu’il n’est plus des nôtres, il a été pour moi tant un mentor qu’une inspiration, a renchéri le chef du PQ.

Plusieurs personnes issues du milieu journalistique ont aussi pris le temps de souligner le caractère posé et affable de M. Descôteaux dans des messages sur les réseaux sociaux, en plus d'insister sur sa sagesse.

Prix et reconnaissance

L'ancien directeur du Devoir avait reçu plusieurs prix, notamment la Médaille d'honneur en novembre 2015. Cette distinction est décernée à des personnalités québécoises pour rendre hommage à leur carrière ou à leur engagement. Elle lui avait été remise afin de souligner sa carrière de plus de 40 ans ainsi que la transition numérique du quotidien.

Il avait précédemment été nommé officier de l'Ordre national du Québec en 2010. Cette distinction, créée en 1984, souligne l'apport de Québécois au rayonnement du Québec grâce à leurs réalisations, à leurs valeurs ou à leurs idéaux ou encore en raison de leur participation significative à son évolution.

Bernard Descôteaux avait aussi nommé récipiendaire de l'Ordre de Montréal, distinction attribuée par la Ville de Montréal pour rendre hommage aux personnes qui contribuent de manière remarquable au développement et au rayonnement de l'agglomération.

Un visionnaire

Il avait annoncé son départ à la retraite en 2016 après un passage marqué par le déclin du support papier et par la chute radicale des revenus publicitaires. C'est Brian Myles qui lui a succédé.

M. Descôteaux disait déjà en 2015 que l'industrie des médias traditionnels était à un tournant puisque les revenus de publicité baiss[ai]ent de façon brutale. Il déplorait d'ailleurs le manque d'aide du gouvernement, qui se préoccup[ait] très peu de ce qui se passe dans l'industrie de l'information.

Un des problèmes, c'est que les revenus qu'on touchait auparavant, il y en a une grande partie qui va aux États-Unis, en Californie, chez Apple, chez Google, affirmait-il au sujet du rôle des géants du web, déjà perçu comme un problème à l'époque.

Bernard Descôteaux laisse dans le deuil sa femme, Marie Lavigne, et leurs deux enfants, Alexe et Aubert.

Avec les informations du Devoir