Un article écrit par Alicia Rochevrier

Nadiya Ukraine : danser pour la démocratie

Arts > Danse

Le Ballet national d’Ukraine entamait sa tournée canadienne et présentait lundi soir son spectacle Nadiya Ukraine dans la capitale nationale. C’est sur la grande scène de la salle Louis-Fréchette que les 23 danseuses et danseurs ukrainiens ont su briller du bout des doigts... jusqu'à la pointe des pieds.

Tutus, musique à grand déploiement, chorégraphies magnifiquement exécutées : on ne peut réinventer une performance de ballet classique. Par contre, on peut en mesurer toute la signification dans le contexte de la guerre que vit l’Ukraine depuis près de deux ans.

Avant même que les danseurs entrent en scène, un discours de paix enregistré par Olena Zelenska, la première dame d’Ukraine, était projeté sur un écran. Un ukrainien montréalais a par la suite chanté l’hymne national canadien et ukrainien, devant un public debout.

Vingt-trois danseurs de haut calibre

Le Ballet national d’Ukraine de l’Opéra national Taras Shevchenko, situé à Kiev, fait partie des plus grands ballets au monde.

Nadiya Ukraine est une célébration de l’art. Jamais l’organisation n’avait présenté un spectacle du genre, avec autant de styles de danses et de costumes.

L’essence de la culture ukrainienne y était bien présente, surtout par la saveur folklorique et contemporaine de la mise en scène dans la deuxième partie.

Les numéros étaient nombreux. Certaines chorégraphies ont été plus marquantes que d’autres, comme ce numéro où trois artistes ont dansé devant les projections de villes ukrainiennes complètement détruites, sur la pièce Lacrimosa de Mozart.

Ou encore ce moment où l’une des danseuses exécutait à la perfection de petits pas par en arrière, un exercice d'une rapidité qui laissait sans voix.

Le spectacle s’est tricoté autour d’indémodables du répertoire classique, comme les ballets Don Quichotte, LeCorsaire et Giselle, mais aussi des musiques de compositeurs ukrainiens tels que Mykola Lysenko, Mykhailo Skorulskyi, Myroslav Skoryk et Evgueni Stankovitch.

Contrairement à l’idée reçue d’un ballet classique, il y avait quelques interactions avec le public et des mimiques qui faisaient parfois rire.

Le plus impressionnant se terre quand même dans la synchronicité des mouvements et des pas. La grâce des danseurs est fascinante, on dirait qu’ils volaient sur le plancher comme s’ils étaient sur un nuage. Ils virevoltaient, enchaînaient les pirouettes et les cabrioles. À travers les danses, une histoire (souvent d’amour) s’y dessinait. C’est ce qui donne le charme à un spectacle de ballet et il n’est pas difficile de s’y laisser porter.

D'un univers à l'autre

Des projections de paysages, de villages et de tableaux fantastiques servaient à plonger le public dans différents univers. L’éclairage avait aussi une place de choix pour mettre en valeur les danseurs et projeter des formes au sol.

Les nombreux costumes montraient des détails évidents de la culture ukrainienne. Qu’il s’agisse de robes traditionnelles, de fleurs dans les cheveux ou d’écharpes à la taille, les chorégraphies étaient aussi une belle occasion d’en apprendre plus sur les traditions de ce pays.

La deuxième partie du spectacle laissait place à davantage de numéros inédits. Cette partie semble avoir été très appréciée du public, qui a ovationné les danseurs à la fin du programme.

La représentation est divisée en deux parties, avec un entracte de 20 minutes. Le spectacle est d’une durée de 2 h 30.

Danser pour sauver son pays

En Ukraine, là où règne encore le chaos, résident toujours de nombreux artistes qui désirent se battre pour protéger leur culture. Cette tournée canadienne va en ce sens. Chaque membre du public peut faire un don par l’intermédiaire de la Fondation Olena Zelenska et d'autres bénéficiaires afin de soutenir le peuple ukrainien.

Une série de vingt représentations se dérouleront partout au pays jusqu’au 11 février.