Un article écrit par Radio-Canada

Plusieurs nouvelles expositions à découvrir au Musée des beaux-arts Beaverbrook

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Le Musée Beaverbrook présente plusieurs nouvelles expositions, dont « Graeme Patterson – D’étranges oiseaux ».Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Le Musée Beaverbrook présente plusieurs nouvelles expositions, dont « Graeme Patterson – D’étranges oiseaux ».

Le vernissage de plusieurs expositions a eu lieu samedi soir au Musée des beaux-arts Beaverbrook, à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, dont une consacrée à l'artiste Greg Charlton.

En poste comme directeur des collections et des expositions depuis quelques années, John Leroux a deux nouveaux complices au sein du Musée : la conservatrice de l’art autochtone Emma Hassencahl-Perley et le commissaire des arts canadiens Ray Cronin.

Jusqu’au 1er juin prochain, John Leroux propose de montrer l’univers de Greg Charlton. Il y a plusieurs années, cet artiste visuel local a découvert un grenier abandonné dans une maison qu'il louait et a décidé de créer un corpus d’œuvres en dessinant sur les murs de 1999 à 2001.

Son art d’inspiration italienne baroque, avec ses anges, ses bustes et ses visages, a vite fait en sorte de transformer ce grenier en sorte de sanctuaire, où il a carrément emménagé.

La maison et le grenier ont été détruits depuis lors, mais, il y a dix ans, John Leroux a eu le temps de prendre des clichés qui se trouvent maintenant au Musée Beaverbrook.

C’est vraiment poétique, c’est comme si on a découvert une ruine comme en Grèce ou à Rome, dit John Leroux, commissaire de l’exposition Greg Charlton – Grenier.

John Leroux est aussi commissaire de l’exposition photographique Ian MacEachern – Le noir et le blanc, c’est comme la radio.

Le Néo-Écossais Ian MacEachern, qui cumule plus de 60 ans de carrière, a parcouru le Canada et les États-Unis comme photojournaliste. Ses photos en noir et blanc captent son intérêt pour le documentaire social et pour la photographie de rue.

Seul point de couleur présent dans l’exposition, un petit cendrier rouge déposé au pied d’une des photos. Un clin d’œil à l’époque, car c’est le cendrier de Hebner’s Taxi, des années 1960, dit John Leroux.

Ian MacEachern a aussi été le premier photographe officiel du groupe musical The Velvet Underground.

La sculpture à l’honneur

Ray Cronin est pour sa part commissaire de l’exposition En chantier : nouvelles sculptures canadiennes, qui propose une sélection de sculptures offertes en cadeau au Musée.

Parmi le lot, une sculpture de Cahier d’exercices Canada, une couverture bleue en aluminium, de petits fragments d’étoiles imprimés en 3D et une Zamboni faite de matériaux de construction.

La chose la plus importante en sculpture contemporaine, particulièrement au Canada mais aussi ailleurs dans le monde, c'est de créer un objet familier et de le rendre étrange, affirme Ray Cronin.

Ray Cronin est aussi commissaire de l’exposition Graeme Patterson – D’étranges oiseaux, où cet artiste originaire de Sackville propose un monde immersif où règnent les étourneaux jusqu’à ce que le marais se révolte.

Il s’agit d’une installation avec des maquettes de maisons et un immense mur avec des projections d’un homme-oiseau qui danse dans une tenue de paillettes. La musique est omniprésente, l’humour est au rendez-vous.

C’est vraiment un des artistes les plus importants au Canada pour la sculpture, c’est l’artiste le plus jeune qui ait jamais été acheté par le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa , dit Ray Cronin pour décrire Graeme Patterson.

L’importance de l’art autochtone

Le Musée des beaux-arts Beaverbrook a aussi des expositions d’art autochtone en cours.

Selon la commissaire Emma Hassencahl-Perley, la collection d’un musée est une occasion d’offrir un point de vue critique sur la façon dont les peuples autochtones sont représentés dans les institutions. La nouvelle commissaire aux expositions autochtones a comme mandat d’enraciner l’art dans l’histoire.

Je ressens une certaine responsabilité, surtout lorsqu’il s’agit de produire des œuvres de femmes artistes des Premières Nations, dit-elle. L’histoire de l’art nous a contournés et exclus comme d’autres minorités. Cet aspect m’inspire beaucoup dans mon travail.

La vie et l’héritage de Kenojuak Ashevak, à laquelle Emma Hassencahl-Perley a participé, met en lumière une des artistes autochtones pionnières du territoire arctique. Cette rétrospective présente des dessins inédits.

Wesuwe-tpelomosu, qu'on peut visiter depuis octobre, est une exposition qui explore pour sa part la question du matriarcat dans la société moderne en puisant dans des exemples de vies de femmes autochtones, leur leadership, leur autodétermination et leur militantisme au sein de leur communauté et de leur famille.

Avec les informations de Noémie Avidar