Un article écrit par Élise Jetté

Le court métrage québécois Invincible nommé aux Oscars : « Ce n’était pas prévu »

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Le court métrage de fiction « Invincible », de Vincent René-Lortie est nommé aux Oscars 2024.Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Le court métrage de fiction « Invincible », de Vincent René-Lortie est nommé aux Oscars 2024.

Le cinéaste québécois Vincent René-Lortie prendra la route des Oscars avec son film Invincible.

Ce n'était pas prévu. On n'était dans aucune prédiction, lance d'emblée le jeune réalisateur. On se mesurait à de grandes pointures et tous les sites internationaux qui nommaient leurs choix ne nous nommaient pas, ajoute-t-il en riant.

Le court métrage Invincible est inspiré d’une histoire vraie qui est arrivée à un ami de Vincent René-Lortie en 2008. Son film nous amène à vivre les dernières 48 heures de la vie de Marc-Antoine Bernier, un jeune garçon de 14 ans qui réside en centre jeunesse et rêve de liberté. Ce ne sont pas toutes les tragédies qui font de bons films, explique le cinéaste. J'ai voulu commencer le film par la tragédie pour qu'on découvre le personnage, qu'on l'apprécie au fur et à mesure qu'on comprend le début de l'histoire.

Pour lui, l'essentiel, c'est de voir le personnage principal évoluer dans la douceur, la compassion et la sensibilité. Je veux souligner l'importance de l'écoute, soutient-il. Je pense que le thème de la santé mentale, central à l'histoire, doit être abordé avec délicatesse et tracer des pistes de solutions. Des drames comme celui-là, il y en a énormément. Il faut prendre le temps d'écouter les jeunes.

Dès les premières minutes du film, le personnage principal, interprété par Léokim Beaumier-Lépine, est désarmant de vérité dans son premier rôle à l'écran.Il fait partie des plus grandes forces du film. Il porte l'histoire sur ses épaules pendant 30 minutes, raconte le réalisateur. Il joue des émotions très profondes et dures. Son talent de jeu fait partie des bons commentaires qu'on reçoit depuis le début.

Le réalisateur québécois Philippe Falardeau, dont le film Monsieur Lazhar était nommé aux Oscars en 2011 dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, avait soutenu le court métrage Invincible à titre d’ambassadeur pour les Oscars. Il avait dit dans un communiqué vouloir mettre à profit son expérience et son influence pour promouvoir Invincible et son message puissant. Pour moi, ça a été le plus beau moment de toute la campagne pour les Oscars, affirme Vincent René-Lortie. Je ne connaissais pas du tout Philippe Falardeau personnellement avant et je l'admire depuis longtemps.

En décembre dernier, le film de Vincent René-Lortie avait remporté le prix Iris du meilleur film court de fiction québécois au Gala Québec Cinéma. Plus tôt en 2023, il avait aussi été récompensé au Festival du court métrage de Clermont-Ferrand avec le Prix spécial du jury. J'ai déjà gagné, lance le cinéaste québécois qui compte profiter de chaque moment jusqu'à la cérémonie des Oscars sans alimenter l'espoir de repartir avec la statuette dorée.

La boîte de distribution montréalaise h264, qui a propulsé Invincible depuis sa sortie, avait également participé à la prestigieuse cérémonie hollywoodienne lors des nominations des courts métrages de fiction Fauve de Jeremy Comte et Marguerite de Marianne Farley, tous les deux nommés en 2019.

Invincible se mesurera à quatre autres productions dans la catégorie du meilleur court métrage de fiction : The After de Misan Harriman et Nicky Bentham, Knight of Fortune de Lasse Lyskjær Noer et Christian Norlyk, Red, White and Blue de Nazrin Choudhury et Sara McFarlane et The Wonderful Story of Henry Sugar de Wes Anderson et Steven Rales.

Vincent René-Lortie travaille actuellement sur un projet de long métrage.Je vais dans une autre direction, mais ça reste très narratif et axé sur la santé mentale, mais cette fois, c'est traité avec un angle plus personnel, relié à moi, confie-t-il. Ce film me garde éveillé la nuit. J'en rêve, mais on va y aller une étape à la fois.

D'autres nominations canadiennes

Le film Tuer un tigre (To Kill a Tiger) de l'Office national du film du Canada, réalisé par la Torontoise Nisha Pahuja, a été cité dans la catégorie du meilleur long métrage documentaire. Le film de Pahuja s'intéresse à Ranjit, un fermier du Jharkhand, qui entreprend le combat de sa vie lorsqu'il demande justice pour sa fille de 13 ans, survivante d'une agression sexuelle.

L'acteur canadien Ryan Gosling est en lice pour le meilleur acteur dans un second rôle pour son rôle de Ken dans Barbie. La scénariste-réalisatrice canadienne Celine Song a décroché une nomination pour le meilleur film et le meilleur scénario original pour son drame romantique Nos vies passées (Past Lives).

Le regretté musicien torontois Robbie Robertson a été nommé pour son travail sur la musique de La note américaine (Killers of the Flower Moon) de Martin Scorsese.

Le cinéaste néo-écossais Ben Proudfoot a obtenu une nomination dans la catégorie du meilleur court métrage documentaire pour avoir coréalisé The Last Repair Shop.

Les lauréates et lauréats seront connus lors de la 96e cérémonie des Oscars le 10 mars prochain.