Un article écrit par Hadrien Volle

Engouement grandissant pour les clubs de lecture

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Georges Som (troisième en partant de la droite) entouré du club de lecture du Théâtre français de Toronto en décembre 2023.Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Georges Som (troisième en partant de la droite) entouré du club de lecture du Théâtre français de Toronto en décembre 2023.

« Pour tout vous dire, le démarrage n’a pas été facile », explique Georges Som, le médiateur du Théâtre français de Toronto (TfT). Il organise depuis deux saisons le club de lecture de la compagnie, organisé en partenariat avec la Bibliothèque de Toronto qui prête l’espace.

Depuis les premières séances néanmoins, ce professionnel passionné assure que le bouche à oreille a très bien fonctionné et aujourd’hui, avant d’être un rendez-vous de théâtre, c’est un rendez-vous social . Il s'agit d'une occasion de se rassembler entre francophones autour d'un amour commun.

Jusqu’au début des années 2020, les clubs de lecture francophones de Toronto étaient l’apanage de la bibliothèque publique et souffraient parfois de longues listes d’attentes. Depuis deux ans, plusieurs initiatives indépendantes, dont celle du TfT, ont fleuri et encouragent les amateurs à venir discuter de leur expérience littéraire ou théâtrale.

Une auberge espagnole

Une fois par mois, le groupe constitué d’une dizaine de participants se réunit dans le cadre enchanteur de la Bibliothèque de Référence, sur la rue Yonge.

Au programme, Georges Som a voulu mêler grandes pièces de théâtre populaires, comme Le Père, de Florian Zeller et textes plus confidentiels comme La Mort et l’Écuyer du roi, de Wole Soyinka, premier Prix Nobel de littérature africain.

Dans les prochaines semaines, les lecteurs vont étudier Une hyène à jeun de Massa Makan Diabaté, Holiday Inn, nuits d’accalmie, de Sonia Ristic ou encore Rearview de Gilles Poulin-Denis. Le programme est en quelque sorte un tour du monde des francophonies, partant du continent africain et allant jusqu'au Canada tout en passant par l’Europe.

Si les discussions commencent autour des pages lues, au fil des rencontres, les dialogues s'affranchissent des répliques imprimées et se transforment en vrais moments de convivialité. Le médiateur culturel du TfT pense que le club fonctionne comme une auberge espagnole, il y a un noyau de quelques participants, mais aussi des nouveaux qui vont apporter leur dynamisme et leur singularité à travers leur histoire et leurs origines .

Un moyen de conserver la langue

Il y a quelques années, Maria Samartsava quittait la France pour venir s’installer à Toronto.

Le français n’étant pas sa langue maternelle, elle voulait trouver un moyen de conserver celle-ci. Le Toronto French Book Club est né de son désir de combiner son goût pour la littérature et la langue de Molière. Pour l’organisation, elle passe par la plateforme Meetup et elle est aussi active sur Instagram.

La première rencontre a eu lieu en janvier 2022 autour du roman Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, une séance où participaient trois personnes, mais pour moi, c’était comme un rêve , s'enthousiasme l’organisatrice, avant d’ajouter : depuis, on est environ une quinzaine par rencontre et on se voit chaque mois dans un café près de High Park autour d’un livre français ou québécois . Elle aimerait trouver aujourd’hui un endroit plus spacieux et accessible qui pourrait accueillir ces rencontres.

Depuis le mois de septembre, les lecteurs se sont attaqués à La Peste d’Albert Camus et Pierre et Jean de Guy de Maupassant. Au mois de février, place à la nouveauté avec La Danseuse, dernier roman de Patrick Modiano.

L’esprit de communauté tient à cœur Maria Samartsava : outre ces rendez-vous littéraires, elle propose des sorties culturelles à son groupe Meetup fort de plus de 260 membres, notamment pour voir des films ou aller au théâtre, toujours en français.