Un article écrit par Véronique Morin

Les écrivains francophones du Nord et de l’Ouest canadiens auront une nouvelle association

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L'écrivain Bertrand Nayet est membre du Comité de fondation de ce nouveau regroupement. (Photo d'archives)Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
L'écrivain Bertrand Nayet est membre du Comité de fondation de ce nouveau regroupement. (Photo d'archives)

La création d'un nouveau regroupement pour les écrivains francophones du nord et de l’ouest du Canada doit être officialisée samedi. L’objectif est d’encourager les échanges entre les créateurs et de soutenir la diffusion de leur travail.

Bertrand Nayet réfléchit à la création d’une telle association depuis près de 5 ans. En 2019, le cofondateur et président de l’Association des auteur·e·s du Manitoba français avait voulu organiser une retraite d’écriture en partenariat avec le Conseil culturel fransaskois.

Le projet a dû prendre une forme virtuelle en raison de la pandémie de COVID-19. Toutefois, c'est à ce moment que l’idée de créer une structure qui permettrait d’organiser ce type d’événements plus fréquemment a germé.

Afin de confirmer son instinct et celui de ses pairs, Bertrand Nayet a voulu sonder les auteurs francophones du Nord et de l'Ouest au sujet de leur réalité et de leurs besoins. Un expert-conseil a été chargé de piloter ce sondage. Ses constats ont souligné un important sentiment d’isolement chez les créateurs.

Ce qui est ressorti c’est ce besoin de connexion entre écrivaines et écrivains des différentes provinces. Et ils ne se connaissent pas, même à l’intérieur des provinces et des territoires, les gens ne se connaissent pas tous, explique M. Nayet.

Les résultats ont confirmé l’importance de fonder une association commune aux provinces de l’Ouest et aux territoires, soit le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta, la Colombie-Britannique, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut. C’est ainsi qu’est né le projet du Regroupement des écrivain·e·s du Nord et de l'Ouest canadiens, le RÉNOC.

Dans les derniers mois, le Comité de fondation formé de sept membres et de l'expert-conseil s’est réuni presque toutes les semaines afin de rendre ce projet possible. Ils ont notamment rédigé les règlements du futur regroupement.

Une assemblée de fondation en visioconférence est prévue samedi pour officialiser la création du RÉNOC. Le conseil d’administration sera alors élu. Il sera composé d’un représentant de chaque province et territoire concernés.

Selon Bertrand Nayet, le regroupement permettra notamment d’assurer un accès plus équitable à des ressources et services.

Il y a des ressources dans chacun des provinces et territoires, mais c’est très inégal. Par exemple, ici au Manitoba on a une association des auteurs, mais on s’est rendu compte qu’au Nunavut ou aux Territoires du Nord-Ouest il y avait peu de chances qu’une telle association prenne naissance [...], mais que ces écrivains et écrivaines bénéficieraient certainement de formations, d’occasions de diffusion, explique-t-il.

Accueil chaleureux dans la communauté littéraire

L’auteure et professeure à l'Université de Saint-Boniface, Lise Gaboury-Diallo, voit d’un bon œil la création de ce nouveau regroupement. Elle a été témoin des balbutiements de ce projet. Il est donc positif pour elle de voir que cette idée a été menée à terme.

Elle se réjouit des possibilités qu'offrira un tel regroupement, et a notamment hâte de pouvoir rencontrer d’autres écrivains.

On sait très bien ce qui se passe en France, au Québec, et cetera, mais plus on va vers l’Ouest et le Nord, moins on est renseignés.

Lise Gaboury-Diallo, auteure et professeure à l'Université de Saint-Boniface

L’artiste Amber O’Reilly a pour sa part vécu et travaillé pendant près de 10 ans au Manitoba avant de retourner s'installer à Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest, où elle a grandi. À son avis, le RÉNOC sera l’occasion de constater l’ampleur de la communauté artistique francophone dans le nord et l’ouest du pays.

De savoir qu’on a une masse critique ici dans l’Ouest et dans le Nord, qu’on peut se rassembler, qu’on peut continuer à créer des œuvres dans lesquelles les prochaines générations pourront se voir représentées, c’est tout ça qui compte pour moi, explique-t-elle.

De nombreux projets à venir

Bertrand Nayet a de grandes ambitions pour le RÉNOC. Il souhaite assurer une meilleure diffusion du travail des créateurs en plus de promouvoir la formation et le réseautage.

À son avis, ce regroupement sera une importante occasion d’entraide entre les créateurs.

Il y a peut-être un ou deux écrivains au Manitoba qui font de la science-fiction. Mais s’ils peuvent en rencontrer ailleurs, ça peut les aider, dit-il.

M. Nayet considère également reprendre la formule des Salons de Gabrielle de l'Association des auteur·e·s du Manitoba français, mais cette fois à l’échelle du pays.

Le premier événement prévu par le RÉNOC est une retraite de création en arts littéraires en juillet 2024 à l’abbaye St. Peter, en Saskatchewan.