Un article écrit par Radio-Canada

Guido Molinari : une exploration continue de la couleur

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Le peintre Guido Molinari dans son atelier. Capture d'écran de l'émission <em>Plus</em>, le 13 septembre 1991. Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Le peintre Guido Molinari dans son atelier. Capture d'écran de l'émission <em>Plus</em>, le 13 septembre 1991.

Il y a 20 ans, le 21 février 2004, Guido Molinari, l'un des plus grands peintres contemporains au pays, succombait à un cancer à 71 ans. Quelques entrevues tirées de nos archives nous permettent de mieux comprendre l’œuvre de ce grand maître de la peinture géométrique et théoricien de l’art.

Surnommé l'enfant terrible de la peinture au Québec. Connu mondialement pour ses grands tableaux de la période sérielle aux bandes verticales de couleurs vives, Molinari a révolutionné les notions artistiques des années 1950 et 1960 à Montréal.

Le 6 juin 1970 à l’émission Gros plan, l’animateur Wilfrid Lemoine s’entretient avec le peintre Guido Molinari.

Le peintre montréalais revient sur son milieu familial et sur sa formation artistique. Il relate sa rencontre avec les peintres québécois du mouvement automatiste et détaille l'orientation de sa pensée artistique.

Guido Molinari naît à Montréal en 1933 de parents d’origine italienne. Au sein du noyau familial, son père est musicien et les discussions sur l’art sont monnaie courante.

De 14 à 17 ans, Molinari étudie les beaux-arts le soir. Il découvre le mouvement des automatistes et se lie d’amitié avec certains de ses membres. À cette époque, l’artiste sait déjà qu’il veut explorer la couleur.

Dès que j’ai découvert les automatistes, ce qui m’a le plus frappé, c’est à quel point cela demeurait traditionnel tout de même. Je ne trouvais pas ça assez radical.

Guido Molinari

Le peintre souhaite pousser l’automatisme encore plus loin. Il peint dans l'obscurité, les yeux bandés.

Les valeurs qu’il défend sont la libération du langage poétique et la libération de la couleur dans le langage poétique.

En mai 1955, à l’âge de 22 ans, Guido Molinari crée avec sa conjointe, la journaliste et écrivaine Fernande Saint-Martin, la galerie L’Actuelle. La première galerie québécoise à se consacrer essentiellement à l’art non figuratif.

La galerie sera située rue Sherbrooke durant deux ans jusqu’en mai 1957. Trente expositions y seront présentées durant cette période.

Molinari intellectualise beaucoup la peinture. Mais peindre pour lui demeure un besoin sensuel.

Plus la couleur est pure, plus elle est intense. Évidemment que ça a un effet sur le physique.

Guido Molinari

En 1965, il participe à la grande exposition The Responsive Eye, du Musée d’art moderne de New York (MoMA). En 1968, Molinari remporte le prix de la Fondation David E à la 34e Biennale de Venise.

Le 18 mai 1995 à l’émission Les Temps modernes, l’animatrice Françoise Guénette rencontre Guido Molinari dans le cadre d’une rétrospective de 45 ans de carrière présentée au Musée d’art contemporain de Montréal.

Molinari a exploré la peinture géométrique durant plus de 50 ans et n’a jamais dévié de ce courant.

Les bandes verticales précises et structurées caractérisent son œuvre. Après les œuvres sérielles des années 1960 viendront les damiers et les triangles dans les années 1970. De la fin des années 1970 jusqu’en 1997, Molinari développera les Quantificateurs, des tableaux aux nuances subtiles quasi monochromes.

Ce qui fascine l’artiste, c’est l’enchevêtrement des bandes, la construction des couches de couleur, construire le rythme et ajouter de plus en plus de teintes.

C’est une exploration des infinies nuances de la couleur. [...] Les lignes sont rythmées comme de la musique.

Guido Molinari

Guido Molinari enseignera l’art à l’Université Concordia durant 30 ans.