Un article écrit par Radio-Canada

En quatre actes, Robert Lepage explique son théâtre

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Robert Lepage est l'un des artistes du théâtre québécois les plus connus à l'étranger.Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Robert Lepage est l'un des artistes du théâtre québécois les plus connus à l'étranger.

La Journée mondiale du théâtre est célébrée tous les 27 mars. À cette occasion, nous vous proposons de revoir quelques reportages, extraits de nos archives, dans lesquels Robert Lepage lève le rideau sur son processus de création théâtrale.

Un artiste québécois reconnu à l’international

Le 29 avril 2007, le Téléjournal présente un reportage du journaliste Maxence Bilodeau.

Le journaliste s’est rendu à Thessalonique, en Grèce, au moment où le metteur en scène et artiste pluridisciplinaire Robert Lepage reçoit le Prix Europe pour le théâtre.

Ce prix est prestigieux.

En 2006, c’était le dramaturge et metteur en scène britannique Harold Pinter qui en avait été le lauréat.

Le prix est décerné lors du congrès de l’Association des critiques de théâtre européens.

Ceux-ci seront fascinés par les extraits de pièces que présente Robert Lepage pendant cet événement.

Robert Lepage trouve naturel qu’on remette ce prix à un artiste québécois.

Sa compagnie théâtrale, Ex Machina, a une manière européenne de présenter les choses et, en général, la culture québécoise s’est beaucoup européanisée dans son optique.

Robert Lepage dévoile son théâtre

Le Prix Europe reconnaît le travail d’un artiste très original qui a commencé à faire parler de lui à partir des années 1980.

On remarque tout d’abord Robert Lepage pour ses prestations dans la Ligue nationale d’improvisation.

Puis, entre 1984 et 1987, il produit les pièces Circulations, La trilogie des dragons, Vinci et Le polygraphe, toutes acclamées par le public.

Le 11 juin 1987, dans une entrevue présentée à l’émission Au jour le jour, qu’anime Normand Harvey, la journaliste Carole Trahan interviewe Robert Lepage sur son processus de création.

Il lui résume la vision qu’il a de lui-même en tant que créateur, de manière modeste et légèrement surprenante.

Finalement, moi, je ne suis qu’une espèce de filtre. Je filtre un peu les idées des autres, les sensations des autres. Quand on fait La trilogie des dragons […]  presque tous les comédiens qui ne sont pas auteurs fournissent des idées, font des propositions. Alors ça fait une avalanche de propositions scéniques, ça fait une avalanche d’images.

Robert Lepage

Robert Lepage vise souvent dans ses pièces à atteindre l’universel.

Il est très flatté quand les publics d’autres pays s’emballent pour ses spectacles comme l’ont fait les gens du Québec.

Carole Trahan lui demande pourquoi il a décidé de travailler à partir de la ville de Québec alors qu’il est constamment appelé à l’extérieur.

La ville de Québec est un lieu propice à l’inspiration et au travail.

C’est une ville d’une bonne taille, le Conservatoire de Québec forme d’excellents comédiens, et le public y est particulièrement exigeant, conclut Robert Lepage.

Quelques mois plus tard, le 5 septembre 1987, c’est au tour de l’animateur Robert Guy Scully de l’émission Impact de présenter une entrevue de Robert Lepage qui est à ce moment-là en tournée avec sa pièce Vinci à Londres.

L’auteur et acteur explique alors que ce qu’il tente de faire, c’est d’amener au théâtre un nouveau langage.

Il privilégie par ailleurs la technique métaphorique qui permet, entre autres, aux spectateurs d’avoir plusieurs niveaux de lecture de ce qu’ils aperçoivent et entendent.

Le 25 mars 1988, le journaliste Pierre Sormany propose durant l’émission Actuel un portrait de Robert Lepage.

À cette époque, il fait voir un peu partout au Québec son spectacle solo Vinci.

Sa pièce La trilogie des dragons va être présentée en Australie et il met en scène Le songe d’une nuit d’été de William Shakespeare au Théâtre du Nouveau Monde à Montréal.

Une des caractéristiques de l'art de Robert Lepage est le foisonnement des références culturelles provenant du monde entier.

Ce cosmopolitisme lui viendrait, en autres, du fait qu’il rêvait tout jeune d’être géographe.

Puis, il voyage fréquemment, lit beaucoup, des revues surtout, et est un spectateur assidu des salles de cinéma et de théâtre.

Robert Lepage ne craint pas de travailler avec des gens issus d’autres cultures.

Il ne se sent pas menacé par l’utilisation d’éléments étrangers à sa propre culture, car il possède une identité québécoise et francophone qui est très solide.

À 17 ans, Robert Lepage ne croyait pas beaucoup à ce que pouvait procurer une formation au conservatoire.

Pourtant, il s’y est inscrit malgré le fait qu’il ne détenait ni l’âge requis ni son certificat d’études secondaires pour y être admis.

Robert Lepage reconnaît que, dès sa jeunesse, il a toujours été à contre-courant et qu’il faisait habituellement les choses à l’envers.

Cette particularité nous a valu un théâtre, mais aussi du cinéma et des opéras, qui ont à la fois étonné et charmé des générations de spectateurs depuis des décennies.