Un article écrit par Anne Marie Lecomte

Northvolt a le feu vert de Québec pour préparer le site de sa future usine de batteries

Politique > Politique provinciale

Northvolt a obtenu du ministère de l'Environnement du Québec un permis d'intervention en milieux humides en vue de préparer le site destiné à accueillir le plus gros projet manufacturier de l'histoire de la province. (Photo d'archives)Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Northvolt a obtenu du ministère de l'Environnement du Québec un permis d'intervention en milieux humides en vue de préparer le site destiné à accueillir le plus gros projet manufacturier de l'histoire de la province. (Photo d'archives)

Northvolt entamera dans les jours à venir les travaux préparatoires du site qui accueillera son usine de batteries après avoir obtenu, de Québec, les autorisations nécessaires, a annoncé l'entreprise mardi.

Par communiqué, l'entreprise suédoise dit avoir obtenu un permis d'intervention en milieux humides et hydriques du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Un permis de construction de la ville de Saint-Basile-le-Grand est aussi nécessaire.

Par conséquent, Northvolt commencera dans les prochains jours les travaux préparatoires du site où elle construira des installations pour produire des matériaux actifs de cathodes et de cellules de batteries pour véhicules électriques, en Montérégie.

Afin d'avoir l'autorisation du ministère de l'Environnement, l'entreprise dit avoir fait la démonstration qu'elle a évité les zones les plus sensibles et qu'elle minimisera son empreinte sur le site. Northvolt assure qu'elle a compensé son impact sur les milieux humides et qu'elle compensera [celui] sur les milieux naturels.

Ce vaste projet manufacturier de cellules de batteries avait bénéficié de l'aide financière des gouvernements fédéral et provincial à hauteur de 7,3 milliards de dollars. De plus, grâce à un prêt de 240 millions de dollars du gouvernement de François Legault, Northvolt s'était portée acquéreur du terrain de 18,5 millions de pieds carrés (1,7 kilomètre carré) qui abritait autrefois l'usine d'explosifs Canadian Industries Limited (CIL).

Dans son communiqué, mardi, Northvolt a tenu à rappeler que certains des milieux humides avaient été créés par l'humain lors des travaux de décontamination du site. Ces milieux humides, dit-elle, sont devenus d'intérêt pour la faune.

Ainsi, Northvolt assure que sa démarche a pour effet d'éviter l'habitat potentiel du petit blongios (un héron) et de la tortue molle à épines. Elle s'engage en outre à protéger d'une zone tampon les cours d'eau intermittents et permanents du site.

Toutefois, l'entreprise reconnaît qu'il ne sera pas possible d'éviter l'ensemble des milieux humides lors de la construction de son complexe manufacturier. En guise de compensation, elle dit avoir versé 4,75 millions de dollars au Fonds de protection de l'environnement et du domaine hydrique de l'État.

Pas d'empiétement significatif sur les milieux sensibles, dit Québec

Dans un communiqué publié à la suite de celui de Northvolt, mardi, le ministère de l'Environnement du Québec affirme que le projet ne comporte pas d'empiètement significatif dans les milieux jugés plus sensibles du site.

Le terrain du projet est conforme à un usage industriel prévu par la règlementation municipale, dit aussi le ministère, qui rappelle que Northvolt devra obtenir de nouvelles autorisations pour construire et exploiter son complexe.

En ce qui a trait à l'usine de recyclage de batteries prévue dans le complexe de Northvolt, il faudra que les impacts sur l'environnement de celle-ci soient évalués et examinés, précise le ministère. Ce n'est pas le cas pour le reste des activités auxquelles se livrera l'entreprise suédoise en Montérégie.

Fin septembre, le premier ministre François Legault avait affirmé qu'une évaluation du projet de la méga-usine par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) ne s’appliquait pas dans ce cas-là.

M. Legault s'était voulu rassurant : On va respecter les règles d'environnement.

L'autorisation de détruire des milieux humides

Un document obtenu par Radio-Canada avait révélé qu'en vue d'ériger sa méga-usine, Batteries Northvolt Nord-Amérique inc. avait demandé en septembre dernier au ministère de l'Environnement le droit de remblayer des milieux humides dès le mois d'octobre. En moyenne, il faut généralement attendre 15 mois pour obtenir une telle autorisation ministérielle. C'est donc dire que Northvolt s'attendait à l'obtenir en un temps record.

Les milieux humides d'intérêt métropolitain sont protégés par le règlement de contrôle intérimaire (RCI) de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). En vertu de ce règlement adopté en 2022, toute construction, tout ouvrage, tous travaux ou toute activité sont interdits dans ces milieux humides.

Or, le site dont dispose Northvolt pour son usine en devenir compte pas moins de 52 hectares de ces milieux naturels, berceau de la diversité, comme le décrit le règlement de la CMM.

Toutefois, McMasterville et Saint-Basile-le-Grand ont accepté une délégation de pouvoir qui leur permet d'appliquer elles-mêmes ce règlement. Il revient donc à ces municipalités, qui accueilleront sur leur territoire respectif l'usine de cellules de batteries, d'en évaluer la conformité.

Avec les informations de Thomas Gerbet

À lire aussi :

  • Northvolt : voici les coulisses de l’achat record du terrain avec votre argent
  • Northvolt pourrait éviter le BAPE grâce à un règlement modifié par Québec
  • Du public au privé : l’expert de la filière batterie du Québec passe à GM