Un article écrit par Radio-Canada

Des emballages de céréales trompeurs, estiment des consommateurs

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Des boîtes de céréales qui induisent en erreur en toute légalité. C’est la découverte de Ken Bennett, qui a acheté des céréales Vector dont le paquet met en avant la « forte teneur en protéines », à hauteur de 13 grammes par portion.

Mais en regardant les petits caractères sur le côté de la boîte, ce grand randonneur et joueur de hockey occasionnel découvre que les céréales en soi ne contiennent que 5,6 g de protéines.

Pour arriver au total de 13 g, plus du double, il faut en fait ajouter les 200 millilitres de lait écrémé recommandés.

Je me suis senti dupé, confie-t-il. C’est un bon taux de protéines pour des céréales de déjeuner, c’est ce qui m’a fait les acheter.

Avec l’inflation, les consommateurs sont plus attentifs aux autres techniques des entreprises agroalimentaires, comme la réduflation et la déqualiflation.

Cela dérange vraiment les consommateurs, estime Mary L’Abbé, professeure émérite de sciences nutritionnelles à l'Université de Toronto. Ils ont l'impression de se faire voler l'argent qu'ils ont durement gagné.

Un substitut de repas, pas des céréales

Les lois canadiennes indiquent que les étiquettes ne peuvent induire les consommateurs en erreur.

Mais André Gagnon, porte-parole de Santé Canada, explique que Kellogg's est autorisée à calculer l’ajout de lait dans le nombre de protéines puisque les produits de marque Vector ne sont pas des céréales, mais plutôt des substituts de repas qui répondent à des critères nutritionnels spécifiques et qui peuvent nécessiter l'ajout de lait.

Une subtilité loin d’être évidente. Ken Bennett a acheté son paquet dans le rayon des céréales. Il n'a pas remarqué la mention substitut de repas, inscrite en petit dans le coin inférieur droit de la boîte.

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Je ne sais pas ce que ça veut dire, substitut de repas, reprend cet habitant de Chilliwack, en Colombie-Britannique. Ils ne devraient pas être autorisés à faire ça.

Un avis que partage Mary L’Abbé. Selon elle, même si l’emballage de Vector est conforme à la loi, il est trompeur pour plusieurs acheteurs qui croient qu'il s'agit de céréales : À l’épicerie, ce n’est pas vendu avec les substituts de repas, mais avec les céréales du déjeuner.

La société américaine WK Kellogg Co rétorque pour sa part que l'étiquette de Vector est non seulement conforme, mais qu'elle indique volontairement sur la boîte la quantité de protéines sans lait ajouté.

Des céréales aux bleuets sans bleuets

À Winnipeg, Don Bajom a de son côté acheté un paquet de Mini-Wheats Bleuet en pensant que ces céréales en contiendraient. Après tout, on trouve le fruit dans le nom des céréales et en photo sur la boîte.

C’est en estimant qu’elles manquaient de goût qu’il s’est mis à regarder les ingrédients... et qu'il a découvert qu’il n’y avait pas de bleuets, ni séchés ni sous aucune autre forme.

J’ai l’impression qu’on m’a menti, réagit-il. J’ai le sentiment que cette société ne se soucie pas de ses clients.

Là encore, Kellogg's s’en sort. L’entreprise répond qu’à l’avant des paquets, il est mentionné arôme naturel et artificiel et que tous les ingrédients sont listés par ailleurs.

Ce produit n’est pas étiqueté "Mini-Wheats aux arômes de bleuet", mais "Mini-Wheats Bleuet", relève tout de même Mary L'Abbé. C’est terriblement trompeur pour le consommateur.

Selon l’universitaire, le gouvernement fédéral doit en faire plus pour aider les consommateurs à lire les emballages avec un œil critique. Je ne pense pas qu'on ait suffisamment réfléchi à l'importance de ces étiquettes pour les consommateurs.

Selon Andréa Daigle, porte-parole d'Innovation, Sciences et Développement économique Canada, le ministère mène une enquête sur les pratiques des détaillants en alimentation qui nuisent aux Canadiens.

Le ministère lance actuellement un appel de propositions auprès des groupes de consommateurs.

Avec les informations de Sophia Harris, de CBC