Un article écrit par Sophie-Hélène Lebeuf

Donald Trump sommé de payer 450 M$ d’ici 30 jours par un tribunal de New York

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Donald Trump lors de son procès civil pour fraudes financières à New York, le 15 février 2024Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Donald Trump lors de son procès civil pour fraudes financières à New York, le 15 février 2024

Un juge de New York a formellement ordonné à l'ex-président américain Donald Trump, vendredi, de payer 454,2 millions de dollars américains dans la foulée de sa condamnation pour une série de fraudes financières au sein de son empire immobilier, la Trump Organization.

Lors de cette poursuite civile intentée par la procureure générale Laetitia James, Donald Trump a été reconnu coupable d'avoir exagéré la valeur nette de ses avoirs de façon à obtenir de meilleurs taux de prêts bancaires et des conditions d'assurance plus avantageuses.

Il y a une semaine, au terme d'un procès de trois mois, le juge Arthur Engoron, de la cour de l'État de New York à Manhattan, a condamné M. Trump à payer une pénalité de 355 millions de dollars, plus des intérêts avoisinant les 100 millions, mais l'officialisation de la procédure établit désormais une échéance.

L'homme d'affaires a désormais un mois pour s'en acquitter ou obtenir un type de prêt appelé caution d’appel.

Il dispose du même délai pour faire appel de la pénalité qui lui a été imposée. Vendredi dernier, il avait d'ailleurs déjà annoncé son intention en ce sens, fustigeant un jugement totalement bidon ainsi qu'une chasse aux sorcières et qualifiant le juge et la procureure générale de corrompus.

La pénalité imposée ne constitue pas une amende, mais correspond à la valeur estimée de l'argent engrangé grâce au stratagème de fraudes sur une période de dix ans.

Les deux fils aînés de Donald Trump, Donald Trump fils et Erik Trump, qui étaient eux aussi poursuivis, ont pour leur part été condamnés à verser une somme globale d'environ 4 millions chacun.

Selon Reuters, les intérêts augmenteront de plus de 114 000 $ par jour, la majeure partie correspondant à la part de Donald Trump, jusqu'à l'acquittement des pénalités.

La décision rendue la semaine dernière interdit aussi à l'ex-président de diriger toute entreprise ou entité juridique à New York pendant trois ans et à ses fils pendant deux ans. L'ex-président et la Trump Organization ne peuvent pas non plus obtenir des prêts de banques new-yorkaises pendant trois ans.

Le magistrat est cependant revenu sur sa décision de dissoudre la Trump Organization, comme il l'avait envisagé en septembre 2023. Il a toutefois prolongé de trois ans le mandat d'un contrôleur indépendant chargé entre autres de surveiller les fraudes et les transactions qui semblent suspectes.

Le juge Engoron a par ailleurs critiqué sévèrement les accusés en raison de leur refus de reconnaître toute forme de malversation. Leur absence totale de contrition et de remords frôle le pathologique, a-t-il assené.

La semaine dernière, il avait refusé de suspendre sa décision pendant 30 jours comme le lui demandaient les avocats de Donald Trump, qui invoquaient l'ampleur du jugement.

Rendez-vous multiples avec la justice américaine

Ce revers juridique dans une affaire civile encaissé par Donald Trump est le deuxième en quelques semaines. Le mois dernier, il a été condamné par un tribunal civil de New York à verser 83,3 millions de dollars américains à l'autrice E. Jean Carroll pour l'avoir diffamée, sur fond d'accusations de viol dans les années 1990.

Ses avocats ont d'ailleurs demandé vendredi à un juge de New York de suspendre le jugement ordonnant ce versement pendant au moins 30 jours après les prochaines requêtes postprocès, qui seront déposées au plus tard le 7 mars.

Donald Trump fait par ailleurs l'objet de quatre mises en accusation au pénal dans autant d'États, lesquelles cumulent 91 chefs d'accusation.

Dans des dossiers relevant de la justice fédérale, Donald Trump est notamment accusé d'avoir tenté d'invalider les résultats de la présidentielle de 2020 et d’avoir mis la sécurité nationale en danger en conservant des documents confidentiels dans sa résidence de Mar-a-Lago.

Il est aussi inculpé dans l'État de Georgie pour tentative de manipulation de l'élection présidentielle et accusé par la justice new-yorkaise d'avoir maquillé les comptes de son entreprise pour dissimuler le versement de 130 000 $ à une vedette de films pornographiques pendant la campagne présidentielle.

Une seule date de procès est arrêtée : le 25 mars prochain alors que débutera celui qui se tiendra à New York.

Les déboires électoraux de Donald Trump n'ont pas miné sa popularité chez les électeurs républicains, en bonne voie de lui accorder un triomphe facile à l'investiture du Parti républicain. Plusieurs sondages le créditent même d'une légère avance sur le président démocrate Joe Biden.

Pourfendant la justice américaine la semaine dernière, Donald Trump s'est dit persécuté et s'est comparé à l'opposant politique russe Alexeï Navalny, dont la mort dans une prison de Sibérie a été annoncée quelques jours plus tôt.