Un article écrit par Valérie Gamache

Justin Trudeau en visite surprise à Kiev deux ans après l’invasion russe

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Il s’agit de la troisième fois, depuis le début de l’invasion russe, que Justin Trudeau se rend en Ukraine.Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Il s’agit de la troisième fois, depuis le début de l’invasion russe, que Justin Trudeau se rend en Ukraine.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, est arrivé à Kiev samedi matin pour une démonstration de soutien à l’Ukraine deux ans après le début de l’invasion russe. Il est accompagné de trois alliés européens, soit la première ministre italienne, Giorgia Meloni, le premier ministre belge, Alexander De Croo, et la présidente de l’Union européenne, Ursula von der Leyen.

Tous ont accepté l’invitation du gouvernement de l’Ukraine à se rendre dans la capitale pour envoyer le signal selon lequel leur appui à Kiev est aussi fort qu’aux premiers jours du conflit. Il s'agit d'une occasion de soutenir le président Volodymyr Zelensky, de célébrer la mémoire des victimes du conflit et de discuter de la suite de l’effort de guerre.

Par ailleurs, les leaders profiteront de leur passage à Kiev pour tenir une réunion hybride du G7 afin de discuter, entre autres, de la possibilité de durcir le ton quant aux sanctions imposées à Moscou.

Le président ukrainien a été invité à se joindre à la réunion, au cours de laquelle il espère obtenir davantage qu’un soutien moral des sept grandes puissances.

Au moment où la guerre entre dans sa troisième année, M. Zelensky doit redoubler d’efforts pour maintenir l’élan de solidarité envers l'Ukraine et pour obtenir des engagements concrets sur le plan du financement et de l’approvisionnement en armes et en munitions.

Vous vous êtes battus avec une ingéniosité et une ténacité qui ont montré au monde entier ce dont les Ukrainiens sont capables. Comme je l’ai dit en juin dernier, vous êtes le fer de lance qui va déterminer le cours du 21e siècle.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Il s’agit de la troisième fois depuis le début de l’invasion russe que Justin Trudeau se rend en Ukraine. Il en profitera encore pour avoir un tête-à-tête avec le président Zelensky.

Pour marquer le coup, Justin Trudeau est entouré de la vice-première ministre Chrystia Freeland, du ministre de la Défense nationale, Bill Blair, et du chef d’état-major des Forces armées canadiennes, le général Wayne Eyre.

Justin Trudeau annonce un nouvel accord d'aide à l'Ukraine

Un nouvel accord de sécurité bilatéral en matière de sécurité a également été signé entre Justin Trudeau et Volodymyr Zelensky.

Cette entente, d'une valeur totale de 2,7 milliards de dollars, prévoit des engagements à long terme afin de « défendre l'intégrité territoriale de l'Ukraine », a affirmé le premier ministre Trudeau. Elle fournira 2,4 milliards de dollars en prêts à l'Ukraine non seulement afin d'assurer le maintien du gouvernement malgré l'invasion russe mais également pour rebâtir l'économie du pays, en guerre depuis deux ans. De plus, 322 millions de dollars seront accordés pour de l'aide militaire, de l'équipement et de la formation.

À cela, il faut ajouter 75 millions de dollars pour du déminage, du soutien cybernétique et du soutien relatif au renseignement ainsi que 15 millions de dollars à l’appui des efforts de préservation, plus particulièrement pour l’achèvement du musée national du génocide de l’Holodomor, à Kiev.

Justin Trudeau a précisé que cet argent servira notamment à paver les routes qui ont été bombardées et à rémunérer les infirmières et les médecins qui viennent en aide aux militaires et aux civils sur le terrain.

Les nouveaux engagements du Canada seront par ailleurs scrutés par ses alliés puisque, malgré les promesses maintes fois répétées, Ottawa n’a toujours pas atteint la cible de 2 % de son PIB en dépenses militaires, fixée par l’OTAN. Les dépenses du Canada stagnent autour de 1,4 %, alors qu’un plus petit membre de l'Alliance comme la Pologne a annoncé que ses dépenses militaires dépasseront les 4 % de son PIB en 2024.

Interrogé à ce sujet cette semaine, Justin Trudeau n’a pas voulu prendre d’engagement et s’est limité à dire que son gouvernement allait continuer de présenter ses investissements et ses propositions en temps opportun.