Un article écrit par Radio-Canada

Primaire en Caroline du Sud : Trump bat Nikki Haley, qui reste dans la course

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Donald Trump a remporté haut la main la primaire républicaine de la Caroline du Sud face à Nikki Haley. Le voici en compagnie du gouverneur de l'État, Henry McMaster, lors d'un rassemblement en marge du scrutin.Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Donald Trump a remporté haut la main la primaire républicaine de la Caroline du Sud face à Nikki Haley. Le voici en compagnie du gouverneur de l'État, Henry McMaster, lors d'un rassemblement en marge du scrutin.

Pressé de se projeter dans un duel avec Joe Biden, Donald Trump a infligé une défaite à sa dernière rivale républicaine, Nikki Haley, samedi, lors de la primaire de la Caroline du Sud.

Ce revers est d'autant plus cinglant pour cette quinquagénaire, qui incarne une aile plus modérée du Parti républicain, qu'il se produit dans l'État dont elle a été la gouverneure pendant six ans.

Signe que l'ex-président ne considère même plus Mme Haley comme une menace, il a ciblé dans ses premières déclarations victorieuses l'actuel maître de la Maison-Blanche.

Joe [Biden], tu es viré! a-t-il lancé depuis Columbia, la capitale de l'État, en reprenant son slogan fétiche de l'époque des plateaux de télé-réalité.

Face à lui se trouvait une assemblée de ses partisans d'où fusaient des vivats et applaudissements.

Comme lors des quatre autres scrutins précédents, dont le but est de désigner le candidat républicain à la présidentielle de novembre, l'ancien président américain a été sans pitié.

La victoire de Donald Trump a été projetée par les médias américains quelques secondes seulement après la fermeture des bureaux de vote.

Ultra-favori de la droite

En dépit de ses ennuis judiciaires, dont certains lui font risquer la prison, le tempétueux septuagénaire est le candidat ultra-favori de la droite, selon tous les sondages.

Le résultat sans appel de la primaire est clair, a analysé pour l'AFP David Darmofal, politologue à l'Université de Caroline du Sud.

Cela illustre qu'il est désormais effectivement le nominé républicain à la présidentielle. La rapidité de ce résultat augmente probablement la pression sur elle pour qu'elle se retire de la course.

David Darmofal, politologue à l'Université de Caroline du Sud

Donald Trump espère en effet forcer l’ex-ambassadrice des États-Unis à l'ONU à jeter l'éponge afin de pouvoir concentrer ses attaques sur le démocrate Joe Biden, qui brigue un second mandat en novembre.

La primaire se termine ce soir et il est temps de se tourner vers la présidentielle afin que nous puissions vaincre Joe-la-Crapule, a dit dans un communiqué Steven Cheung, le porte-parole de Donald Trump, utilisant l'un des sobriquets préférés du magnat pour le démocrate.

Toutefois, Nikki Haley, 52 ans, s'accroche. Samedi, après sa défaite, elle a annoncé son intention de rester dans la course à l'investiture républicaine. Je n'abandonne pas ce combat, a-t-elle déclaré à ses partisans, lors d'un rassemblement à Charleston.

Le plaidoyer de Mme Haley, la seule en lice chez les républicains, est simple : Nous ne survivrons pas à quatre ans de plus du chaos de Trump.

Elle les exhorte plutôt à choisir une nouvelle génération de dirigeants conservateurs.

Profitant de nouveaux propos polémiques de son rival, Nikki Haley l'a vivement critiqué samedi. Embourbé dans les ennuis judiciaires, il a suggéré que ses inculpations font de lui un candidat sympathique aux yeux des Afro-Américains.

Il rencontrait un groupe d'Afro-Américains conservateurs en Caroline du Sud vendredi soir quand il a déclaré : Beaucoup de gens disent que les personnes noires m'aiment bien parce qu'elles ont beaucoup souffert et été discriminées et parce qu'elles me voient comme quelqu'un qui a été discriminé.

Voilà le chaos qui accompagne Donald Trump, et ce genre de propos offensants va continuer chaque jour jusqu'à l'élection, a affirmé Nikki Haley.

L'équipe de Donald Trump balaie son argumentaire.

Prochain affrontement au Michigan

Cependant, Nikki Haley ne s'avoue pas vaincue. Après samedi, les deux rivaux devraient donc s'affronter mardi dans le Michigan.

Les républicains de l'Idaho, du Missouri et du Dakota du Nord voteront ensuite chacun leur tour, un ballet bien orchestré qui mènera les candidats jusqu'à un des plus grands rendez-vous politiques de l'année, le super mardi.

Le 5 mars, une quinzaine d'États, dont le Texas, la Californie, le Colorado et la Virginie, organiseront simultanément leurs scrutins lors d'une grande journée électorale.

Les primaires peuvent en théorie s'étirer jusqu'en juillet. Mais selon les sondages, Nikki Haley n'est favorite dans aucun de ses États et l'équipe Trump prévoit déjà une victoire le 19 mars au plus tard.

Alors pourquoi rester dans la course?

Elle attend de voir si Trump est mis hors jeu par une décision de justice ou un pépin de santé, explique le politologue Larry Sabato à l'AFP.

Le premier procès pénal de Donald Trump débute le 25 mars.