Un article écrit par Radio-Canada

Un premier cas de grippe aviaire chez un ours polaire en Alaska

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Des ours polaires sur la côte de la mer de Beaufort, en Alaska.Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Des ours polaires sur la côte de la mer de Beaufort, en Alaska.

La détection d’un premier cas de transmission du virus de la grippe aviaire à un ours polaire, en Alaska, fait monter d’un cran les inquiétudes face au risque de transmission de la grippe aviaire à d’autres espèces.

La carcasse de l’ours juvénile a été découverte par un biologiste dans la région éloignée de North Slope. Des échantillons prélevés sur l’animal ont permis de confirmer qu'il avait été infecté par la souche hautement pathogène H5N1, selon le vétérinaire de l’État de l'Alaska, Robert Gerlach.

Nous avons détecté des oiseaux porteurs du virus de la grippe aviaire dans le secteur. Alors nous pensons que l’ours s’est aventuré sur les terres et s’est probablement nourri d’oiseaux mourants ou morts, et a été exposé [au virus] de cette façon, dit-il.

La flambée des cas d’infection à H5N1 est responsable de la mort de millions d’oiseaux partout dans le monde. Cette souche a été découverte pour la première fois au Canada en 2021. Elle s'est ensuite répandue dans des fermes avicoles et auprès d’oiseaux de proie et de certains mammifères, selon les autorités.

Le contrôle de la présence et de la propagation du virus en Alaska est difficile en raison du vaste territoire, explique Robert Gerlach.

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Quand un animal meurt, surtout en région sauvage comme ici, il peut être mangé rapidement par d’autres animaux. C’est vraiment un défi de localiser ces cas, explique-t-il.

Certaines espèces en Alaska ont été sévèrement touchées par l’épidémie, comme les aigles, les pies bavardes et le gibier d’eau, ajoute le vétérinaire. Cette éclosion du virus semble aussi différente de l’épidémie de grippe aviaire d’il y a une dizaine d’années.

Dans ce cas, on remarque que [le virus] persiste pour rester très actif chez les oiseaux sauvages, en plus d’avoir un impact sur nos volailles domestiques, dit Robert Gerlach.

Le risque de contamination chez l’humain demeure très faible, selon lui.

Les cas d’infection humaine au virus H5N1 sont rares, et surviennent le plus souvent après un contact étroit avec des oiseaux infectés ou des environnements hautement contaminés tels que des élevages de volailles ou des marchés d'oiseaux vivants, selon Santé Canada.

Il est toutefois difficile de prédire l’évolution de l'épidémie mondiale, selon le Dr Gerlach : Alors que ce virus s’adapte et subit des mutations, va-t-il changer et créer davantage de problèmes? C’est vraiment important que les spécialistes en santé animale et en santé publique travaillent ensemble pour étudier et comprendre ce virus, afin d’être mieux préparés.

Difficile de surveiller les cas

De l’autre côté de la frontière, au Yukon, la vétérinaire du territoire Jane Harms dit ne pas être surprise de la découverte d’un cas de contamination au H5N1 chez un ours polaire en Alaska, compte tenu de cas déjà rapportés de transmission du virus à d’autres mammifères dans le monde.

Cette transmission d'oiseaux à mammifères n'a pas vraiment atteint le territoire jusqu’à présent, dit la vétérinaire. Le dernier cas de contamination, chez un oiseau sauvage, date d’avril 2023. Un cas a aussi été détecté chez un renard roux il y a un peu plus d'un an.

Comme en Alaska, la surveillance des cas est complexe dans ce grand territoire. Les agents de protection de la faune doivent le plus souvent s’appuyer sur les membres du public pour leur signaler les cas d’animaux morts ou malades, dit Jane Harms.

La principale préoccupation du territoire est la transmission du virus dans la population d’oiseaux sauvages, mais le risque de transmissions entre mammifères est moins clair, selon elle.

On ne remarque pas de situation où un mammifère infecté et malade semble en infecter un autre. Mais il semble que davantage de mammifères sauvages se font contaminer par cette souche de la grippe aviaire qu'auparavant.

Avec les informations de Leonard Linklater et Dave White