Un article écrit par Radio-Canada

Un test respiratoire pour dépister le cancer du poumon plus tôt

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Les docteurs Stephen Lam et Renelle Myers dirigent une équipe de recherche en Colombie-Britannique qui utilise l’intelligence artificielle pour développer un test respiratoire afin de dépister le cancer du poumon à partir des signatures chimiques de composés présents dans l'haleine. Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Les docteurs Stephen Lam et Renelle Myers dirigent une équipe de recherche en Colombie-Britannique qui utilise l’intelligence artificielle pour développer un test respiratoire afin de dépister le cancer du poumon à partir des signatures chimiques de composés présents dans l'haleine.

Des chercheurs de BC Cancer, à Vancouver, travaillent actuellement à la mise au point d'un test respiratoire qui pourrait permettre de détecter plus tôt les signes du cancer et de dépister plus facilement un plus grand nombre de personnes.

Lorsque nous expirons, nous exhalons plus de 1000 composés organiques volatils, explique la Dr Renelle Myers, codirectrice de l'équipe, qui ajoute que certains de ces composés peuvent indiquer le développement d'un cancer.

La Dre Renelle Myers a commencé à étudier des échantillons d'haleine en 2020 (en anglais), lorsqu'elle a ouvert ce qu'elle considère comme étant le premier laboratoire clinique d'analyse de l'haleine au Canada. Lorsque la pandémie a frappé, son équipe est passée de la recherche sur le cancer à l'étude de la détection de la COVID-19 dans l'haleine.

Si nous pouvons trouver l'empreinte digitale d'un cancer du poumon précoce, cela nous aidera à dépister beaucoup plus facilement un grand nombre de personnes dans la province et dans le monde entier.

Dre Renelle Myers

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De plus, les chercheurs espèrent que le test les aidera à comprendre comment les changements dans les poumons peuvent indiquer le développement d'un cancer chez les personnes qui n'ont jamais fumé.

Nous constatons une augmentation alarmante du nombre de cancers du poumon chez les personnes qui n'ont jamais fumé, indique la Dre Myers.

Une étude publiée par BC Cancer en juin 2023 (en anglais) a révélé que 33 % des patients atteints de cancer du poumon à Vancouver n'avaient jamais consommé de produits du tabac, et a pointé la pollution de l'air comme cause probable, en particulier une particule, appelée PM2.5, dont les niveaux sont plus élevés en Colombie-Britannique pendant la saison des feux de forêt.

Dépister le cancer plus tôt pour augmenter les chances de survie

Marla Kott a été diagnostiquée d'un cancer du poumon de stade 4 le 21 novembre 2014. C'était le jour de son 60e anniversaire. Ce n'était pas un grand jour, admet celle qui faisait partie des milliers de personnes au Canada à qui l'on a diagnostiqué un cancer du poumon cette année-là.

Il a fallu environ un an à Marla Kott pour recevoir son diagnostic, après avoir subi de nombreux tests pour déterminer ce qui n'allait pas.

Contre toute attente, Mme Kott se porte toujours bien neuf ans plus tard, mais cette habitante de Vancouver aurait souhaité que son cancer soit détecté plus tôt. J'aurais peut-être pu me faire opérer et en finir, dit-elle.

Je n'aurais pas eu à prendre des médicaments, à vivre avec la maladie ou à subir de nombreux tests. J'aurais été guérie, pour ainsi dire. Aujourd'hui, je ne serai jamais guérie. J'aurai toujours un cancer.

Selon la Société canadienne du cancer, le cancer du poumon a été à l'origine du quart des décès par cancer en 2023. La société indique que le taux de survie à cinq ans est de 62 % pour les personnes diagnostiquées avec un cancer du poumon de stade 1, et qu'il tombe à 3 % pour le cancer de stade 4.

Des données organisées à l'aide de l'intelligence artificielle

Le test sur lequel travaillent les chercheurs fait appel à l'intelligence artificielle pour trier les données.

Il y a des milliers de composés dans une seule respiration, dit la Dre Myers, ajoutant que l'IA aide à classer les personnes en fonction de leur âge, des facteurs de risque et d'autres indicateurs de cancer.

Même si notre équipe travaille 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, nous ne pourrions pas traiter tous les échantillons nécessaires à ces grandes études multicentriques avec le seul système dont nous disposons actuellement, explique le Dr Stephen Lam, codirecteur de l'équipe de recherche. D'autant plus que les échantillons ne peuvent pas être conservés très longtemps une fois collectés.

À l'heure actuelle, le meilleur moyen de diagnostiquer le cancer du poumon est la tomodensitométrie, précise la Dre Myers. Mais d'autres tests, notamment des analyses de sang, des radiographies, des IRM, des échographies et des biopsies, pour n'en citer que quelques-uns, peuvent contribuer au diagnostic.

La majorité des patients chez qui un cancer du poumon est diagnostiqué le savent à un stade tardif, lorsqu'ils deviennent symptomatiques, note la Dre Myers.

L'équipe en est aux premiers stades de l'étude clinique à l'échelle nationale, ayant recueilli près de 300 échantillons de personnes en Ontario, en Colombie-Britannique et au Québec. L'objectif est d'examiner les échantillons de 4000 personnes.

Ils s'intéressent aux nodules pulmonaires – de petits amas de cellules dans les poumons – qui sont souvent bénins, mais qui peuvent se transformer en cancer.

Les chercheurs suivront les patients pendant cinq ans pour observer comment ces nodules se développent et comment les signatures respiratoires changent à leur tour.

En étant capable d'identifier si un nodule n'est pas cancéreux, la Dre Myers croit que les patients pourraient ne pas avoir à se faire suivre pendant plusieurs mois.

Il s'agit d'un outil puissant qui pourrait potentiellement réduire l'utilisation des ressources en aval dans notre système de santé, fait-elle remarquer.

Avec les informations de Courtney Dickson