Un article écrit par Radio-Canada

Les baby-boomers, toujours les plus nombreux en Atlantique

Société > Démographie

Dans plusieurs provinces, la cohorte née entre 1981 et 1996 dépasse pourtant les boomers en nombre.

Le nombre de personnes nées entre 1981 et 1996 a dépassé le nombre de baby-boomers dans plusieurs provinces canadiennes, selon de nouvelles données dévoilées la semaine dernière par Statistique Canada.

On a calculé que le 1er juillet 2023, pour la première fois au Canada, le nombre de personnes appartenant à la génération du millénaire était plus élevé que le nombre de baby-boomers, qui sont nés entre 1946 et 1965.

C’est une étape notable : les baby-boomers sont devenus dès 1958 la génération comptant le plus grand nombre d’individus. Il a fallu 65 ans pour les détrôner.

Les jeunes de la génération Z, nés entre 1997 et 2012, forment à présent la troisième génération en importance, reléguant en quatrième place une génération X dont les membres n’auront jamais été les plus nombreux.

Une population plus âgée en Atlantique

Les milléniaux ont dépassé les boomers en Alberta, en Ontario et en Colombie-Britannique. Dans les provinces de l’Atlantique, cependant, le phénomène ne s’est pas encore produit.

Les baby-boomers sont encore jusqu’à présent la population la plus nombreuse dans toutes les provinces de l'Atlantique, a mentionné Michelle Landry, professeure de sociologie à l’Université de Moncton, dans un entretien dimanche.

À l’échelle nationale, Statistique Canada attribue les changements de poids démographique entre autres à l’arrivée récente d’un grand nombre d’immigrants permanents et temporaires nés après 1981.

En fait, c'est qu'on a des taux d'immigration plus faibles que dans les provinces du centre et de l'Ouest, note Michelle Landry. Nous aussi [en Atlantique], on a eu des taux d'immigration élevés, mais vraiment pas à la hauteur de ce qui se passe dans l'Ouest, en Ontario notamment. Ici, on a encore une population vieillissante.

L'Atlantique est connu pour avoir la proportion de personnes âgées de 65 ans la plus élevée au pays.

La grande mobilité des milléniaux complexifie le tableau. En Atlantique, on a aussi beaucoup de migration de sortie, poursuit Michelle Landry. Il y a aussi beaucoup de personnes plus jeunes qui vont quitter les provinces — notamment pour leurs études — qui ne vont pas nécessairement revenir. Il y a aussi le fait que les populations étaient déjà plus vieillissantes ici, donc c'est un plus gros rattrapage à faire.

Au Nouveau-Brunswick, Vanessa Haché, qui a écrit Une Y parmi les baby-boomers, un livre sur la question constate que la génération dont elle fait partie — initialement appelée génération Y — a des attentes différentes concernant le travail, et est plus mobile.

Les milléniaux, j'ai remarqué qu’il y en a qui reviennent beaucoup, a-t-elle dit en entrevue, dimanche. Ils sont partis à l'extérieur, ils ont été étudier à l'extérieur. Ils ont vu un peu ce qu'il y avait ailleurs, et puis il y en a qui décident de revenir dans leur région.

Il faudra donc un peu plus de temps pour observer le changement de poids démographique entre générations dans les provinces de l’Atlantique, conclut la sociologue Michelle Landry.

À son avis, certaines politiques pourraient être mises en place pour attirer davantage de jeunes familles dans cette région du pays. Elle suggère la décentralisation des emplois de la fonction publique, le télétravail, les bureaux satellites ou encore des mesures comme un meilleur Internet à haute vitesse et des congés d’impôts fonciers pour ceux qui s’installent dans les régions rurales.

D’après le reportage de Nicolas Steinbach