Un article écrit par Catherine Dib

1 enfant sur 7 est pauvre en Colombie-Britannique

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Un rapport constate un regain de taux de pauvreté parmi les enfants de la province.Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Un rapport constate un regain de taux de pauvreté parmi les enfants de la province.

Le taux de pauvreté infantile a bondi en 2021 en Colombie-Britannique, après une baisse notable en raison du soutien gouvernemental versé aux familles durant la pandémie en 2020, selon le nouveau rapport du groupe First Call : BC Child and Youth Advocacy Coalition, publié lundi.

Selon les auteurs du rapport (en anglais), qui utilisent des données de Statistique Canada basées sur des déclarations fiscales, certaines des pires situations concernent les familles monoparentales et celles appartenant à des communautés des Premières Nations.

Plus de 126 000 enfants vivaient dans la pauvreté en Colombie-Britannique en 2021, soit un taux de pauvreté de 14,3 %, légèrement en dessous de la moyenne au Canada, qui est de 15,6 %.

D'après les chercheurs, la tendance risque de se maintenir en raison du prix du panier d’épicerie et les prix du parc immobilier qui continuent d’être élevés. C’est très stressant pour les familles à faible revenu, observe la directrice générale de la coalition, Adrienne Montani.

La pauvreté est particulièrement inquiétante dans le cas des familles monoparentales, en majorité des mères, avec 40 % des enfants dans ces ménages qui vivent dans la pauvreté.

Adrienne Montani mentionne les cas de mères monoparentales qui croyaient être en mesure de recommencer le travail une fois que leurs enfants étaient en âge d’être scolarisés, mais qui se sont retrouvées coincées avec la gestion et les frais des services de garde.

Elles me disent qu’elles ne peuvent travailler qu’à temps partiel, car elles doivent chercher leurs enfants à une heure précise [à l'école] en raison du manque de services de garde, décrit-elle, soulignant qu’elles doivent parfois cumuler les emplois pour survivre.

Un peu moins du tiers des enfants dans 67 Premières Nations en Colombie-Britannique, qui disposent de données, sont pauvres, une situation que le rapport décrit comme « inacceptable ».

Les enfants dans les familles d’origine arabe, coréenne ou ouest-asiatique sont deux à trois fois plus à risque d’être pauvres que les enfants non racialisés. Les enfants issus de l’immigration chinoise et latino-américaine suivent ces groupes de près dans le décompte.

Adrienne Montani estime qu’il faut aussi tenir compte de la disparité salariale parmi les familles, avec les familles les plus riches qui ont un revenu 25 fois plus élevé que les plus pauvres.

Des solutions déjà connues

Nous savons comment lutter contre la pauvreté infantile, explique-t-elle.

Les transferts directs aux familles dans le besoin comme l’Allocation canadienne pour enfants et l’Allocation familiale de la Colombie-Britannique, précise la directrice générale, au sujet du versement mensuel non imposable offert par les gouvernements fédéral et provincial, qui peut aller respectivement jusqu’à plus de 7000 $ et jusqu’à 1750 $ par année pour chaque enfant, selon la fourchette salariale du ménage.

Adrienne Montani ajoute que le soutien gouvernemental versé aux familles durant la pandémie a démontré les bienfaits d’une source de revenu stable pour les Britanno-Colombiens dans le besoin.

Devinez quoi: on a pu baisser la pauvreté infantile, constate-t-elle avec ironie, ajoutant qu’elle recommande l’implantation de mesures similaires à l’avenir.

Elle souhaiterait aussi voir une indexation de l’aide fiscale additionnelle de 25 % qui a été annoncée pour l’année par le gouvernement dans le budget provincial pour que ce soutien s’ajuste au contexte inflationniste. Pour elle, il serait aussi important d’en faire une mesure permanente.

Pour l’instant, ça me semble être plus une mesure électoraliste, allègue-t-elle.

La hausse du salaire minimum permettrait aussi aux ménages à faible revenu à garder la tête hors de l’eau, selon la directrice, qui reconnaît que le gouvernement déploie des efforts en ce sens, avec le plancher qui augmente régulièrement.

Le groupe First Call : BC Child and Youth Advocacy Coalition réclame un salaire minimum de 20 $ d’ici 2026 alors qu’il est de 16,15 $ et qu’il sera augmenté à 17,40 $ en juin prochain.

Avec les informations de l'émission BC Today