Un article écrit par Radio-Canada

Halifax fait pression pour expulser les sans-abris de certains parcs

Société > Pauvreté

Halifax renforce ses moyens de pression pour pousser les itinérants qui vivent dans des parcs désormais jugés illégaux à aller s'établir ailleurs, et ce, de préférence à l'intérieur.

Un gros conteneur à déchets a été installé près du site de campement de la place Grand Parade et le générateur qui fournissait de l’électricité aux campeurs a été retiré.

Le conteneur est à la disposition des personnes sans-abris pour qu'elles y jettent ce qu’elles ne souhaitent pas apporter avec elles.

Stephen Wilsack, un bénévole du site, reproche aux autorités de serrer la vis et de forcer le départ des itinérants lors d'une journée où les températures ressenties à Halifax sont près de -20.

Je vous en supplie : ne déplacez pas les gens, à moins qu'ils n'aient un endroit où aller, demande-t-il aux autorités. À son avis, si des gens sont encore là, c'est qu'ils n'ont pas trouvé d'autre endroit où aller vivre.

Kevin McGuire tente encore de trouver un logement, mais il refuse catégoriquement de s'installer dans un refuge. Tant qu'il ne trouvera pas mieux, il compte rester dans sa tente à Grand Parade.

Il fait froid dehors et je suis fâché contre la Ville parce qu'ils n'ont rien fait pour nous aider et ils ont l'air pressés de nous chasser, déplore-t-il.

Je sens vraiment la pression de la Municipalité et j'espère que la Municipalité ressent la pression de notre part, les sans-abris.

Cette semaine, Ron Richards, qui vit lui aussi à Grand Parade avec sa femme enceinte, n'avait toujours pas trouvé de logement.

Nous essayons tout simplement de vivre au jour le jour, de trouver un logement, et trouver un logement ici à Halifax, c’est vraiment très difficile en ce moment.

Ron Richards et sa femme sont sans-abris depuis le printemps dernier, lorsque leur appartement de Hammonds Plains a brûlé dans un feu de forêt.

La Municipalité et la province réitèrent que suffisamment d’options sont disponibles pour demander aux sans-abris de partir des cinq sites désignés.

Nous avons toujours dit que nous ne déplacerions pas les gens hors des terres publiques jusqu'à ce qu'il y ait un endroit où ils puissent aller, réitère le maire. On nous dit maintenant que c'est le cas.

Les personnes qui vivent dans des tentes installées au parc Victoria, à la place Grand Parade, au parc du centre correctionnel, au parc Saunders et au parc de la rue Geary ont été informées le 7 février qu'elles devaient partir avant le 26 février.

Le 23 février, la Municipalité a déclaré que le parc Saunders avait été vidé et qu'il était actuellement fermé au public pour permettre d'y faire dude nettoyage.

Nous veillerons à ce qu'il y ait des places d'hébergement disponibles, confirme Tim Houston.

Si les refuges semblent pleins, l’organisme à but non lucratif 902 ManUp confirme qu'il reste de la place pour la trentaine de sans-abris qui campent toujours sur les sites illégaux.

Avec les informations de Julie Sicot et d'Anjuli Patil