Un article écrit par Alexandre Gascon

Kaiden Guhle, entre repentir et robustesse

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Kaiden Guhle a été bousculé par Travis Konecny lors de la deuxième période.Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Kaiden Guhle a été bousculé par Travis Konecny lors de la deuxième période.

Il est facile de l’oublier parfois étant donné la maturité dont il fait preuve, la plupart du temps, mais Kaiden Guhle n’a que 22 ans et est sujet aux écarts de conduite qui vont de pair avec cet âge tendre.

Le défenseur du Canadien l’a rappelé à un peu tout le monde quand il a dardé, depuis le banc de son équipe, Travis Konecny, des Flyers de Philadelphie, jeudi dernier.

La séquence a rapidement fait le tour du web et a valu une suspension d’un match au jeune homme d’Edmonton. Lundi, après avoir purgé son châtiment, Guhle a fait son mea culpa.

J’ai appris ma leçon, a-t-il assuré.

Une incartade ou, comme l’a résumé Martin St-Louis, un coup de bâton qui a coûté cher.

De son propre aveu, ce n’est pas son genre de se laisser emporter de la sorte. Il estime ne pas avoir été suspendu depuis plus d’une décennie, au moins, ce qui nous ramène assez loin en arrière pendant son parcours au hockey mineur.

Guhle ne s’est pas mis la tête dans le sable et a avoué qu’il n’avait pas grand-chose à dire pour sa défense lorsqu’il a discuté avec George Parros, le directeur du département de la sécurité des joueurs de la LNH.

Ça s’est passé dans le feu de l’action. Avec le recul, ce n’était certainement pas la décision la plus intelligente. Tu ne peux jamais rien faire du banc, le message de la ligue était non équivoque là-dessus, a expliqué Guhle.

Je leur ai dit que je n’essayais pas de le blesser, que je voulais l’éloigner d’un coéquipier, tout simplement, a renchéri l’arrière.

Konecny s’en était pris à Juraj Slafkovsky juste avant l’incident et Guhle n’avait pas apprécié qu’on s’attaque au plus jeune joueur de son équipe, même si, de prime abord, Slafkovsky possède les moyens de ses ambitions du haut de ses 1,91 m (6 pi 3 po) et 104 kg (230 lb).

Plus largement, cet épisode a ramené à l’avant-plan la question de la robustesse, un sujet souvent débattu dans les dernières années, le CH ayant la réputation d’être une équipe petite, fragile aussi.

Les joueurs montréalais se sont montrés plutôt fiers de leur opposition au jeu physique des Flyers qui n’hésitaient pas à les brasser.

C’était bien de voir qu’on s’est tenus. Pas comme moi je l’ai fait. Mais dans les mêlées, on finissait nos mises en échec, a laissé tomber Guhle.

Il faut que tu aies une robustesse d’équipe, une identité qui fait que tu ne joues pas avec des gants blancs.

Martin St-Louis

On en parle de ça. On a des joueurs pour qui c’est dans l’ADN, mais il faut que ce soit contagieux. Nos plus petits joueurs jouent avec beaucoup de courage, ils ne jouent pas avec des gants blancs. Ça prend une identité comme équipe. C’est une game physique avec de l’énergie, a fait valoir l’entraîneur.

Le Tricolore demeure l’une des plus petites équipes du circuit avec une taille moyenne de 184,73 cm, lui valant le 29e rang dans la ligue. Il se situe au milieu du peloton pour le poids (15e) selon les données récoltées par le site Elite Prospects.

Les mises en échec ne représentent certainement pas l’unique mesure de robustesse, bien qu’ils donnent une indication parfois du style de jeu d’une équipe. Montréal est 21e à ce chapitre (1594 mises en échec) cette saison et affrontera la plus belliqueuse des équipes mardi, les Panthers de la Floride (2082).

Selon une compilation sommaire de Radio-Canada, Montréal est la seule équipe qui emploie encore cinq joueurs de moins de 1,83 m (6 pi) parmi ses 12 attaquants. Ça vaut ce que ça vaut, direz-vous.

En attendant, les joueurs apprennent à se serrer les coudes, à rester unis. C’était un peu le sens du message véhiculé dans le vestiaire en ce lundi pascal.

L’anomalie

Comme Josh Anderson s’est pointé le nez dans le vestiaire, il a évidemment été question de cette saison qui s’étire et lui pèse visiblement très lourd sur les épaules.

Nul besoin d’étaler tous les chiffres de son malheur – les mathématiques sont parfois si cruelles – notons simplement que le grand numéro 17 a été blanchi à ses 11 derniers matchs et a marqué seulement un but à ses 28 derniers.

St-Louis estime qu’il s’agit probablement d’une anomalie (one-off, en anglais).

Il a fait ses preuves comme marqueur de 20 buts dans cette ligue, a insisté l’entraîneur.

En fait, à ses trois premières années à Montréal, le buteur de Burlington a marqué à un rythme de 28, 23 et 25 buts respectivement sur une saison complète. Jusqu’à preuve du contraire, en effet, cette saison cauchemardesque ne sera peut-être que cela : un cauchemar.

Ce pourrait juste être une année difficile pour lui. Il a été malchanceux pendant un bout, il avait l’air de s’en sortir et il s’est blessé. Il revient et c’est comme s’il courait après sa queue pendant toute la saison. Ça peut être difficile mentalement. C’est une question de trouver un peu de confiance d’ici la fin pour se sentir bien, a estimé St-Louis.

Je dois revenir à mes forces : la vitesse, la robustesse, tirer le plus de rondelles possible, garder ça simple.

Josh Anderson

Si l’on peut vraiment bâtir quelque chose de concret en avril qui peut se projeter au mois d’octobre, mieux vaut finir la saison avec force. Dans son cas, les circonstances et la malchance du début de saison semblent lui avoir joué un bien vilain tour et avoir fait dérailler toute sa campagne.

Le Bleu-blanc-rouge aura besoin d’un Josh Anderson au sommet de son art l’an prochain, lui qui a encore trois années à écouler à son contrat, pour se battre pour une place dans les séries éliminatoires. Et si jamais il parvenait à s’y qualifier, c’est probablement là que la valeur du grand ailier prendrait tout son sens.