Un article écrit par Radio-Canada

Alireza Firouzja a une revanche à prendre au tournoi des candidats de Toronto

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Alireza Firouzja

Deux ans après un revers cuisant lors de son premier tournoi des candidats, le grand maître franco-iranien des échecs Alireza Firouzja espère effacer ce mauvais souvenir et décrocher sa place pour défier le champion du monde Ding Liren.

Le joueur de 20 ans arrive à Toronto, au Canada, où la compétition s'amorce jeudi et se terminera le 22 avril, sur la pointe des pieds alors qu'il attirait tous les regards à Madrid, en juin 2022, grâce à son 3e rang mondial avec une progression exponentielle.

Pour se qualifier pour ce tournoi, qui désigne parmi huit joueurs l'aspirant au champion du monde, Alireza Firouzja est passé par la petite porte. Il a exploité jusqu'au bout le règlement en participant à des tournois mineurs en France, fin 2023, pour gagner quelques points au classement mondial et arracher le dernier siège. Le règlement a depuis été changé.

La qualification constitue une des rares éclaircies depuis un an pour le Français, naturalisé en 2021 et qui joue depuis avec les couleurs tricolores après un conflit avec la fédération iranienne. Il s'est maintenu au 6e rang mondial, mais n'a pas beaucoup joué en 2023, affirmant poursuivre en parallèle une carrière dans la mode.

On a senti une baisse de motivation. Quelque chose s'était cassé, il perdait des parties avec des positions qu'il gagnait systématiquement avant, explique Kévin Bordi, animateur de la principale chaîne d'échecs en France sur Internet, Blitzstream.

Il a déçu et il s'est déçu à Madrid, estime-t-il, tout en notant que depuis sa qualification, son jeu avait retrouvé des couleurs.

En 2022, il avait beaucoup de pression. Magnus Carlsen disait que seule sa victoire au tournoi des candidats pouvait le convaincre de défendre son titre de champion du monde, rappelle la joueuse géorgienne et instavidéaste Keti Tsatsalachvili.

Firouzja avait dû attendre la neuvième partie pour gagner une première fois, étant alors déjà écarté de la lutte pour la victoire. Il avait même été surpris à enchaîner en pleine nuit pendant plusieurs heures des parties d'échecs sur Internet.

À Toronto, l'attention se portera vers d'autres joueurs, notamment les Indiens Dommaraju Gukesh et Rameshbabu Praggnanandhaa, qui, à 17 et 18 ans, sont plus jeunes que Firouzja.

Un troisième Indien, Vidit Santosh Gujrathi, est aussi présent, marquant un renouveau dans ce grand pays d'échecs, mais qui n'avait plus eu de participants dans les candidats depuis huit ans.

Le Russe vainqueur des deux derniers candidats, Ian Nepomniachtchi, et les Américains Fabiano Caruana et Hikaru Nakamura sont les favoris pour la victoire, tandis que l'Ouzbek Nijat Abasov fait figure de petit poucet avec son classement au-delà de la 100e place mondiale.

Abasov n'a dû sa qualification qu'au refus du Norvégien Magnus Carlsen de participer, après avoir déjà abandonné sans combattre sa couronne mondiale, car il était lassé par le format des parties longues.

Les joueurs vont chacun s'affronter à deux reprises, une fois avec les blancs, qui commencent, et une fois avec les noirs. Le premier à l'issue de ce championnat est désigné vainqueur, avec une journée de départage en cas d'égalité.

Un match contre le champion du monde en titre Ding Liren doit ensuite être organisé en 2025.

L'occasion pour les aspirants est belle, car le Chinois est méconnaissable depuis qu'il a gagné sur le fil son premier titre mondial, en avril 2023. Le tournoi des candidats en 2022 et le match pour le titre n'avaient déjà été pour lui que de très rares apparitions depuis la pandémie de COVID-19.

Il n'a que très peu joué le reste de l'année 2023, révélant souffrir de problèmes mentaux après son titre. Son retour devant l'échiquier en 2024 n'a pas été brillant. En janvier, il a terminé seulement 9e sur 14 du tournoi de Wijk aan Zee, aux Pays-Bas, considéré comme le Wimbledon des échecs.