Un article écrit par Alexandre Gascon

Nick Suzuki a-t-il la trempe d’un futur lauréat du trophée Selke?

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Nick Suzuki et Aleksander Barkov

Les comparaisons entre Aleksander Barkov et Nick Suzuki reviennent périodiquement, à chaque affrontement entre les Panthers et le Canadien en fait, tellement que Martin St-Louis lui-même l’a relevé.

Je me fais poser la question chaque fois qu’on affronte les Panthers, a laissé tomber l’entraîneur à l’auteur de ces lignes.

Bon prince, malgré le manque d’originalité, il a poursuivi.

Il y a beaucoup de ressemblances dans les responsabilités qu’ils ont. Leur game est calculée. Ce sont deux joueurs très intelligents qui font un peu de tout. Ils sont capables de jouer physique offensivement et défensivement, ils sont capables de marquer des buts, ils sont capables de transporter la rondelle et faire des jeux et ils tuent des punitions. Ce sont de grosses ressemblances et de beaux compliments pour Suzuki, a estimé St-Louis.

Si la comparaison émerge souvent dans les discussions d’avant-match, elle demeure très théorique dans leurs performances sur la glace. Le trophée Selke, remis au meilleur attaquant défensif, est, dans les faits, un mélange entre efficacité défensive et productivité offensive; les points comptent. Pas de façon aussi démesurée et illogique que pour le trophée Norris, mais ils comptent malgré tout.

Aleksander Barkov l'a remporté une fois et Suzuki correspond au profil de joueur qui pourrait y aspirer, surtout maintenant que Patrice Bergeron, qui avait un droit de veto sur la récompense, est hors circuit.

Sauf que le centre du CH n’a encore jamais atteint le plateau de 70 points en une saison (il en a 69 cette année). Barkov l’a fait cinq fois. Ses indicateurs défensifs ne sont pas au niveau de ceux du Finlandais non plus. Lui et son trio ne dominent pas la possession de rondelle, pas plus que les occasions de marquer de qualité, mais obtiennent plus de buts que l'adversaire lorsqu'ils sont sur la glace cette saison. Une première pour le capitaine et, dans un contexte de reconstruction, un exploit à souligner.

Barkov, par contre, a reçu des votes pour sa candidature au trophée Selke dès sa deuxième campagne, tandis que personne n’a encore osé mettre le nom du centre montréalais sur son bulletin.

Évidemment, étant donné la médiocrité du Canadien, il est plus difficile de se démarquer en défense. N’empêche que le nom de Barkov circulait de 2017 à 2019 quand les Panthers rataient les séries – il a même terminé 4e au scrutin en 2018 avant de le gagner en 2021 – pas celui de Suzuki cette année. Pas encore.

Le capitaine du Tricolore obtient toutefois toutes les responsabilités qui pourraient lui permettre un jour, s’il devient l’un des meilleurs de sa profession pour s’en acquitter, de s’en montrer digne.

Lundi, St-Louis avait énuméré ce qu'il considère être les principaux critères à remplir pour gagner ce trophée.

Un joueur de 200 pieds qui affronte les meilleurs joueurs adverses tout le temps, une bonne production offensive à cinq contre cinq. Bon dans le cercle des mises au jeu. Un gars qui, probablement, écoule des punitions. Que tu envoies pour protéger l’avance ou quand tu es en retard par un but, avait-il fait valoir.

Bref, tout ce qu’on demande à Suzuki, quoique ses responsabilités en désavantage numérique sont encore modérées. Dans son cas, la progression se fait plus lentement que dans celui de Barkov.

Chaque année, il semble toutefois ajouter une pierre à l’édifice. Cette saison, par exemple, il est en voie d’obtenir plus de 50 % de succès aux mises au jeu pour la première fois de sa carrière (53,1 % actuellement). Sa production est en hausse, la qualité de son jeu défensif aussi.

Face aux meilleurs éléments adverses, Suzuki et ses compagnons ne se font presque plus jamais dévorer, ce qui arrivait auparavant.

Cette constante progression encourage son entraîneur.

On voit le gros potentiel. Il a une super bonne saison cette année, c’est une progression. Mais c’est quoi l’autre niveau à Suzuki? A-t-il un autre niveau? Deux autres niveaux? Je ne sais pas, il est encore jeune. Il ne fait que gratter la surface, a laissé tomber St-Louis.

Mais je veux que Suzuki soit lui-même. S’il est lui-même et qu’il y a des récompenses qui viennent avec ça, parfait.

Martin St-Louis

Quand notre équipe sera compétitive dans les prochaines années, il sera dans les discussions. Il le mérite. C’est sous-estimé à quel point il est bon en défense, a affirmé Arber Xhekaj.

Si le Selke, comme d’autres trophées individuels, est d’abord un concours de popularité, Xhekaj a décidé de faire sa part.

Coriaces Panthers

C’est une autre de ces puissances de la LNH qui débarque en ville, ce qui n’annonce rien de bon pour ce pauvre Canadien dont on nous rappelle souvent qu’il joue bien, mais ne gagne presque jamais.

Est-ce le funeste destin qui attend à nouveau cette équipe mardi soir, ou bien pourra-t-elle jouer les trublions de l’Est, ce qu’elle tente désespérément d’accomplir depuis quelques semaines sans grand résultat?

L’histoire récente nous apprend que le CH a triomphé seulement une fois lors de ses 12 derniers duels (1-10-1) face aux Panthers. Une victoire acquise au dernier match de la saison 2021-2022, quand la Floride venait de conclure l’année avec la meilleure fiche de la ligue et avait décidé de laisser se reposer tous ses meilleurs joueurs, les autres aussi et avait même jonglé avec l’idée, selon nos sources, d’envoyer le cuisinier et son assistant se faire poivrer devant le filet.

Kaiden Guhle effectuera un retour au jeu après avoir purgé sa suspension d’un match. Johnathan Kovacevic lui laissera sa place. Samuel Montembeault aura le mandat de freiner cette puissance de la LNH.

Ça ressemble aux Hurricanes, a lancé Jordan Harris, ce qui n’est certes pas de bon augure.

Il faudra s’adapter, ont dit les joueurs.

On est capables de jouer pas juste un style de jeu. On joue dans l’espace, on a appris à jouer sous pression. On peut jouer physique, apporter de la robustesse. Ce soir, il faut être prêt à tout. Il ne faut pas juste être l’équipe qui répond. Il faut être celle qui initie, a affirmé St-Louis.

C’est un peu toujours la même chanson. Mais pas seulement à répondre, on l’a bien compris.