Un article écrit par Radio-Canada

L’effet de la LPHF se fera-t-il ressentir sur le Championnat mondial?

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Taylor Heise et Marie-Philip Poulin lors d'un match de la Série de la rivalitéCliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Taylor Heise et Marie-Philip Poulin lors d'un match de la Série de la rivalité

La façon dont la nouvelle Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) changera le sport sur le plan international alimente les conversations en marge du Championnat du monde.

Le tournoi auquel 10 nations participent se mettra en branle mercredi, à Utica, dans l'État de New York. C'est le premier mondial depuis que la LPHF, comptant six clubs, a lancé ses activités le 1er janvier au Canada et aux États-Unis.

Les États-Unis, champions en titre, et le Canada sont d'ailleurs dominés par les joueuses de la ligue, avec 30 au total.

C'est l'une des premières fois où nous arrivons au sommet de notre forme après avoir joué une saison complète, a déclaré l'attaquante canadienne Sarah Nurse.

Nous avons quelques joueuses qui arrivent de la NCAA, mais la majorité d'entre elles viennent de la LPHF. Le niveau de jeu, l'aspect physique et le talent qu'on voit dans la ligue auront sûrement un effet sur ce que nous verrons dans le tournoi.

Sarah Nurse, hockeyeuse canadienne

Neuf autres joueuses de la LPHF sont dispersées dans les huit autres formations, dont quatre avec l'équipe tchèque.

La directrice générale de l'équipe canadienne, Gina Kingsbury, et l'entraîneur-chef, Troy Ryan, occupent les mêmes postes avec Toronto, dans la LPHF. Le duo est bien placé pour estimer l'impact qu'aura la nouvelle ligue sur ce tournoi.

Le niveau que nos athlètes ont été en mesure de maintenir est tout simplement remarquable, a noté Kingsbury. Nous voyons des athlètes plus prêtes arriver au camp pour ce tournoi ou pour la Série de la rivalité, mais aussi plus fatiguées.

Cette ligue pourrait avoir un grand impact sur nos succès sur la scène internationale si nous demeurons au fait des changements devant être apportés, et si nous maximisons les occasions que cette ligue nous offre, notamment des entraînements quotidiens à un niveau beaucoup plus élevé que nous avions dans le passé.

Pour Hilary Knight, vedette de Boston et des États-Unis, d'avoir joué 19 matchs avant de se présenter au mondial sera un grand avantage.

Avant, il fallait se créer son propre camp d'entraînement. Maintenant, nous avons cela sur une base quotidienne, a affirmé Knight. C'est différent cette fois. Nous sommes en plein coeur d'une saison rigoureuse et nous replongerons dans cet environnement une fois le tournoi terminé.

Le Canada comptera sur un groupe aguerri, dont les attaquantes Marie-Philip Poulin, Brianne Jenner et Nurse. Les Américaines miseront davantage sur la jeunesse. Dix Canadiennes ont ou auront 33 ans cette saison, comparativement à cinq pour les Américaines.

C'est le meilleur groupe que nous pouvions assembler et nous avons pleine confiance en cette équipe, a indiqué Kingsbury.

La série de succès du Canada, champion des mondiaux en 2021 et 2022 ainsi que des JO de 2022, a pris fin avec une défaite de 6-3 en finale du dernier Championnat du monde devant les Américaines.

En plus des deux géants, la République tchèque, médaillée de bronze en 2023, la Suisse et la Finlande sont les cinq premières têtes de série, regroupées dans le groupe A. Le Canada lancera d'ailleurs son tournoi contre la Finlande jeudi.

Une partie de moi pense que le mondial de 2024 offrira une plus grande parité que les autres éditions, en partie parce que certaines ligues d'Europe progressent, a dit Ryan. D'un autre côté, certaines nations pourraient connaître un tournoi difficile parce que les joueuses évoluant dans ces ligues sont littéralement en grande forme présentement.

La Suède, le Japon, l'Allemagne, le Danemark et la Chine sont classés de la 6e à la 10e places et seront du groupe B. Les cinq équipes du groupe A et les trois premières du groupe B atteindront la phase éliminatoire.

L'IIHF continue de bannir la Russie de toute compétition internationale en raison de son invasion de l'Ukraine, il y a plus de deux ans.

La LPHF a mis ses activités en veilleuse pendant le Championnat du monde, qui se conclura le 14 avril.

En 22 participations, le Canada a gagné 12 médailles d'or et joué toutes les finales sauf en 2019. Il avait alors obtenu le bronze.