Un article écrit par Radio-Canada

L’Alberta élabore sa première réglementation sur l’intelligence artificielle

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Il n'existe aucune loi réglementant l'utilisation de l'intelligence artificielle en Alberta, mais cela va bientôt changer, selon les autorités provinciales.Cliquez ici pour afficher l'image d'en-tête
Il n'existe aucune loi réglementant l'utilisation de l'intelligence artificielle en Alberta, mais cela va bientôt changer, selon les autorités provinciales.

Le gouvernement de l'Alberta est en train d'élaborer une réglementation sur l'intelligence artificielle qui sera prête au cours des 18 prochains mois, possiblement dès cet automne.

Le bureau du ministère des Technologies et de l'Innovation en a fait l'annonce dans une déclaration écrite. Celle-ci précise que la réglementation fera partie d'une prochaine mise à jour des protections de la vie privée et qu'elle donnera aux Albertains les protections de la vie privée les plus solides au Canada.

Nous développons également des protections contre la technologie [de l'hypertrucage] (deepfake) afin de garantir que ceux qui créent des images ou des vidéos intimes sans consentement s'exposent à des sanctions sévères.

Il n'existe actuellement aucune loi régissant l'utilisation de l'intelligence artificielle en Alberta.

Selon Diane McLeod, commissaire à l'information et à la protection de la vie privée de l'Alberta, cela doit changer, mais il faut le faire correctement.

Sommes-nous en retard? Pas vraiment, maintient Mme McLeod. Devons-nous mettre en place une réglementation? Oui, nous devons le faire. Mais nous devons nous assurer qu'il contient tous les éléments nécessaires.

Diane McLeod, qui est avocate, explique qu'il faut du temps pour déterminer quels sont les bons éléments.

Il y a beaucoup d'inconnues à l'heure actuelle, car il s'agit d'une technologie très récente. Nous ne savons pas vraiment de quoi elle est capable. Nous ne savons pas quels dommages peuvent en résulter.

Diane McLeod, commissaire à l'information et à la protection de la vie privée de l'Alberta

Je suis en train de parler au gouvernement de la nécessité de développer quelque chose d'unique pour l'Alberta.

Mme McLeod a été nommée à son poste en 2022, après avoir occupé pendant neuf ans une fonction similaire au sein du gouvernement du Yukon.

L'UE et le Canada se penchent également sur les réglementations en matière d'IA

Mercredi, le Parlement de l'Union européenne a adopté la loi sur l'intelligence artificielle. Il s'agit de la première instance dirigeante au monde à adopter une réglementation complète en matière d'IA.

La loi interdit ou limite l'utilisation de l'IA dans certaines situations.

Selon le Parlement européen, cette loi garantit la sécurité et le respect des droits fondamentaux, tout en stimulant l'innovation.

Cette réglementation devrait entrer en vigueur dans 27 pays de l'Union européenne dans le courant de l'année.

Et vous, comment l’intelligence artificielle vous touche-t-elle?

ICI Première prépare une émission spéciale pilotée par Chloé Sondervorst sur le thème de l’intelligence artificielle. Participez à la discussion ici.

Au Canada, un projet de loi fédérale réglementant l'IA est en cours d'examen par le Parlement. Le projet de loi C-27 est actuellement étudié par une commission parlementaire. Aucune date n'a été avancée à savoir si et quand le projet pourrait devenir une loi.

Les règles doivent être flexibles, selon un avocat spécialiste de l'IA

Quelle que soit la juridiction, un professeur adjoint de droit et d'intelligence artificielle de l'Université de Calgary estime que les règles doivent être flexibles pour s'adapter aux progrès rapides de la technologie, pour éviter d'avoir à les mettre à jour fréquemment.

Nous devrions nous intéresser davantage à l'élaboration de principes directeurs, plutôt qu'à l'élaboration d'une loi rigide, dont l'interprétation peut être faite par le tribunal, considère Gideon Christian.

La commissaire à la protection de la vie privée, Diane McLeod, partage cet avis.

Il faudra faire preuve d'une certaine souplesse au fur et à mesure que nous avançons, en reconnaissant que la loi n'est pas toujours facile à modifier. Mais elle doit être d'un niveau suffisamment élevé pour pouvoir s'appliquer à un large éventail de circonstances, dit-elle.

Avec les informations d’Acton Clarkin